Rouge résiduel/André Doms(textes), Pierre Tréfois(dessins) ; Postface de Jean-Louis Rambour ; Eranthis Editions, 2015

Chronique de Pierre Schroven

28001100412040L

Rouge résiduel/André Doms(textes), Pierre Tréfois(dessins) ; Postface de Jean-Louis Rambour ; Eranthis Editions, 2015

Dans ce livre, André Doms et Pierre Tréfois remettent insidieusement en question le rapport à soi, à la langue et au monde ; en effet, au détour de chaque page, les mots comme les dessins semblent s’unir rien que pour enfanter un langage autonome, créateur de mystère et d’inconnu.

Ainsi, en créant des concepts de vie non représentables, les deux artistes tentent de « décrocher » avec le fil rouge des apparences qui traversent le creux de nos vies et portent haut le réflexe de vivre à tout rompre dans un pays où les chemins s’effacent…

Dans ce livre jubilatoire, le mot comme le trait oscillent vers le vide du sens, ouvrent le champ des possibles et tentent de résister aux forces de corrosion qui sont celles du temps, de la norme et de la représentation. Bref, il est question dans Rouge résiduel de rechercher la source d’un devenir autre et de mettre en joue une pensée qui ne croit qu’à la coïncidence. D’amour.

La boule rouge, là-haut, ce n’est pas une géante qui sidère, et sous l’œil du voyeur, pas d’arrêt sur scène. Ici, les aimants se touchent à travers nuits, se soudent malgré l’intempérie. La lumière émane des chairs subtiles, leurs combes bleues se répondent, vertiges qui pénètrent, s’enlacent au comble mouvant du désir, l’enchevêtre.

Visages envisagés, corps incorporés, la valse où deux se fondent, hors lieu, têtes et sexes aux « retrouvailles » de l’eau-mère, l’énigme indicative sous le signe du sang qui cavale, où suffit notre fusion d’amour.

©Pierre Schroven

Advertisements