PRIX ARDUA 2014: félicitations à Rome Deguergue!

Alain Juppé Ancien Premier Ministre Maire de Bordeaux
a le plaisir de vous inviter à la remise des Prix Littéraires ARDUA,
mardi 6 mai 2014 à 11 heures, dans les salons de l’Hôtel de Ville – Palais Rohan
Place Pey-Berland à Bordeaux

Le Grand Prix ARDUA est décerné à Amin Maalouf, pour l’ensemble de son œuvre.
Le Prix ARDUA est décerné à Rome Deguergue, pour l’ensemble de son œuvre.
Le prix des Premières Réalisations est décerné ex aequo à
Jean-Claude Billou et  Jean-Claude Mounkala.

Le Grand Prix ARDUA est décerné à un auteur renommé.
Le Prix littéraire ARDUA est décerné à un auteur en instance de renommée.

ARDUA : Association Régionale des Diplômés d’Université d’Aquitaine
ardua.e-monsite.com/‎

– Le Printemps des Poètes – 16e édition au cœur des Arts en direct de Bagnères-de-Bigorre, Hautes-Pyrénées

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PP FIN

Le Printemps des Poètes –

16e édition au cœur des Arts

en direct de Bagnères-de-Bigorre, Hautes-Pyrénées


Entre « cascades & torrents », tel Montaigne
prendre les eaux thermales de Bagnères-de-Bigorre, où le « Printemps des poètes » bat son plein se révèle : pur délice. Les diverses manifestations englobant : expositions, conférences, arts plastiques, théâtre, chant2, danse, concerts, et bien évidemment gastronomie se déroulent avec entrain, et ce tant à la Médiathèque que dans les écoles et s’affichent dans maints espaces de la petite ville, investissent les parcs, en des endroits improbables ouverts au spectacle pluriel.

De la poésie, des paroles de chansons, des contes, des extraits de polars… sont ainsi véhiculés dans le dédale de la charmante bourgade, via les voix d’enfants au préalable enregistrées et émanant telles quelles des haut-parleurs du système de sonorisation dans le centre-ville. Les haut-parleurs ! Oui, c’est bien d’une poésie à voix haute qu’il s’agit ici définitivement et les montagnes pyrénéennes environnantes sur lesquelles la neige s’attarde encore, malgré la douceur printanière ne le démentiraient nullement.

Ainsi, en des lieux ouverts, des textes pour la circonstance : plastifiés, créés par petits et grands amoureux de la langue de l’émotion sont pour leur part bien arrimés à de longs fils d’étendage. Une forme fixe, classique côtoie des vers libérés et des haïkus pétillants jouxtent de nombreux dessins. Des proverbes et autres charades détournés, peints sur des pierres de roche de l’ère primaire3, à même le sol ou inscrits sur des tee-shirts et des pantalons épinglés à des cordes ou se balançant sur des cintres accrochés aux branches de grands arbres, égrainent leur « alphabet de couleurs », résolument rimbaldien, mouvant, étonnant et rythmé au gré du vent de Bigorre, tandis que la « marche triomphale du printemps » annoncée par la jaillissante floraison de narcisses, de jonquilles, de primevères et par le chant émis en boucle par geais, merles, corneilles et autres grenouilles impose ici & maintenant ses « riches heures ».


À la Médiathèque, un « portrait coloré, animé du Grand Sachem du Swing » est brossé à l’attention de quelques aficionados par l’auteur de l’ouvrage, « Le parcours du cœur battant » à propos de « l’inventeur d’un chant neuf », Claude Nougaro. Ami et complice de l’artiste total, Christian Laborde4, dont la voix possède cette similaire et étonnante scansion, ce phrasé savoureux, « cassant les mots, en les suçant, en jouant avec eux, en frottant chacune de leurs voyelles » utilisés sans modération par ces deux compagnons de route du « país, ô Tolosa » procure une sensation pétillante ineffable5.

Dans un ancien lieu de culte (réhabilité en cinéma, Le Maintenon) un artiste inspiré6 tente de rendre le climat de création tourmenté du génial Charles Baudelaire en proie aux « Fleurs du mal », tandis qu’une vidéo tout aussi empreinte d’images de violences guerrières que d’« (…) ordre et beauté, luxe, calme et volupté »7 en suggère une seconde lecture. Un peu plus loin, quelques jours plus tard, dans la Salle de spectacles, à la Halle aux grains, non loin du tumultueux gave de l’Adour, les prix de poésie du concours annuel sont remis à des auteurs émus, alors que leurs textes mis en scène y résonnent, et que l’on réfléchit de manière palimpseste (à) la dimension de la relation de l’auteur des « Essais », Michel de Montaigne avec la Poésie (notamment celle de son ami, La Boétie, dont Montaigne définit le lien d’amitié qui les unit par une formule apparemment lapidaire, d’une simple évidence : « parce que c’était lui, parce que c’était moi »)8.

L’esprit du lieu revisité ici par essence « géo-poétique », à la fois consolateur et révélateur de beautés naturelles et artistiques9 n’en est ainsi que décuplé, grâce à cet événement que les volontés locales10ont à cœur, chaque année de coordonner pour un partage authentique entre agents publics, bagnérais, touristes et autres curistes de la petite ville bigourdane11 sur laquelle veille la fée, « Pyrène »…12

Et pour finir sans finir et poursuivre la pérégrination sur ce chemin serpentin et pentu qui s’étire de la forêt du Bédat jusqu’au col des Palomières et bien au-delà vers La Mongie, Le Grand Tourmalet et le somptueux Pic du Midi de Bigorre, d’où appréhender les hauts sommets de la chaîne pyrénéenne se révèle être une expérience à hauteur du jeux d’ailes et autre planés infinis des rapaces, ces souverains du ciel, souvenons-nous d’un extrait du poème de Francis Jamme13 appris jadis à l’école communale :

J’aime l’âne

J’aime l’âne si doux
marchant le long des houx.

Il prend garde aux abeilles
et bouge ses oreilles ;

et il porte les pauvres
et des sacs remplis d’orge.

Il va, près des fossés,
d’un petit pas cassé.

Mon amie le croit bête
parce qu’il est poète.

 

Et, afin que le partage soit encore plus dense, « entendons » enfin quelques paroles d’un chant pyrénéen :

Le refuge14

Je sais dans la montagne
Un refuge perdu
Qui se mire à l’eau claire
Des lacs verts d’Orgélu
Ouvert aux quatre vents
Aux montagnards perdus
Dans la brume et la neige
Comme un port du salut

REFRAIN
Qu’il fait bon s’endormir
Au refuge le soir
Près du feu qui s’éteint
Au pays des isards.

Cordiales pensées poétiques & traversières de Bagnères-de-Bigorre. A lèu !

Mars 2014, Rome Deguergue

membre du P.E.N. Club français



1 Panorama de Bagnères par Mercereau, issu du site de la Médiathèque / patrimoine.

2 Concert du Chœur de Femmes « À fleur de voix », dirigé par Hélène Caulet. Spectacle chanté sur des poèmes de Ronsard, La Fontaine, Boris Vian, Léo Ferré, Pablo Néruda… accompagné par de la vidéo de Pierre et Rémi Lesclauze et Sylvain Marmer de l’association TAOA et par de la danse par un groupe de l’école de danse classique du Centre Culturel. Piano : Stella Juliach’s ; soliste : Martine Dubarry.

3Les roches de l’ère primaire : granites, gneiss, schistes, dites « glaciaires » et de périodes tempérées ou chaudes dites « interglaciaires ».

4 Ouvrage : « Claude Nougaro. Le parcours du cœur battant », de Christian Laborde, éditions Hors collection, 2014.

5 Une conférence / performance : hommage à Claude Nougaro par Christian Laborde a eu également lieu à cette période à la Halle aux grains, accompagnée de documentaires projetés sur grand écran, de récits et anecdotes, lectures de textes de l’artiste toulousain, rythmée par Francis Lassus qui fut le batteur de Claude Nougaro.

6 Rémy Riflade et Scott production.

7Baudelairein « Correspondances ; L’invitation au voyage ».

8 Jean Laquet, dit Jean de Cabadur, poète très apprécié dans le Haut-Adour au début du XXe siècle a dédié de nombreuses cantates, écrites souvent à la fois en gascon et en français, au patrimoine ou aux célébrités qui ont séjourné à Bagnères-de-Bigorre, dont Montaigne, dans « La perle des Pyrénées, Bagnères-de-Bigorre ». Lire : Histoire locale ; La feuille périodique d’information n° 1176 – 6 juin 2013, Le livre d’histoire.

9… dont les nombreuses statues en marbre peuplent ce Musée à ciel ouvert, créées par des artistes pour part de renommée nationale.

10 Via la nouvelle directrice de la Médiathèque, Armelle Guillaume, (lire l’article du 3 févr. 2014 dans  La Nouvelle République des Pyrénées, la Ville de Bagnères-de-Bigorre, la Communauté de Communes de la Haute-Bigorre et les nombreuses Associations.

11 La Bigorre (en gascon : Bigòrra) peut être décrite comme un pays, ou une micro-région du sud-ouest français. Petite part de Gascogne, la Bigorre se situe, en particulier par la langue traditionnelle, dans l’ensemble linguistique gascon.

12 D’après la légende, Pyrène, la fée des fontaines, tomba amoureuse du bel Héraclès. De cet amour naquirent les Pyrénées. Pyrène est aussi le nom de la fameuse librairie de Bagnères-de-Bigorre.

13 In De l’Angélus de l’aube à l’Angélus du soir, 1898. Francis Jammes passa la plus grande partie de son existence dans le Béarn et le Pays basque, région qui sera le cadre de sa littérature.  Ses premières compositions poétiques furent connues des milieux littéraires parisiens vers 1895. Ce fut une bouffée de fraîcheur dans la préciosité symboliste. Il se lia notamment avec Gide, puis plus tard avec Claudel. De l’angélus de l’aube à l’angélus du soir, son plus fameux recueil, parut au Mercure de France en 1897. Le Deuil des Primevères (1901) est son autre livre majeur.  

14 Edmond Duplan est un auteur compositeur interprète, né le 20 septembre 1930 à Pouzac, dans les Hautes-Pyrénées. « Artiste populaire et troubadour bagnérais qui se qualifie de « chanteur pyrénéen » tout en renouvelant largement ce genre traditionnel, il s’exprime dans un « registre chaleureux, direct, entraînant ». Les paysages et les hommes des Pyrénées sont au cœur de son répertoire, tant en français qu’en gascon. La chanson Le refuge (1982), dont le refrain cite un grand classique du pyrénéisme, est devenue à son tour un classique de la culture pyrénéenne, à la fois hymne rencontrant l’adhésion d’un vaste public et standard repris par de nombreux interprètes. (Sources wikipédia).

J’emmerde… de Marlène Tissot, préface de Fabrice Marzuolo, éditions Gros Textes, 2014.

 

  • J’emmerde… de Marlène Tissot, préface de Fabrice Marzuolo, éditions Gros Textes, 2014. 90 pages, 6 €.

 index

J’emmerde… Déjà le titre a quelque chose de jouissif en soi, une petite revanche à lui tout seul, mais Marlène Tissot rajouterait certainement : j’emmerde la revanche et elle aurait bien raison. Ce recueil s’il vous tombe entre les mains, attention il colle et si vous l’ouvrez, juste histoire d’y jeter un œil, en attendant d’avoir le temps de le lire, vous saurez que déjà vous emmerdez « le temps de…. ». Ce sera de suite et maintenant, et vous ne le lâcherez pas tant que vous ne serez pas arrivés au bout, à la fin, avec ce magistral « j’emmerde les fins de moi difficiles »…

De ce recueil, on serait tenté de citer chacune des déclarations d’emmerde, chacune percutant le lecteur en trois phrases et un seul round. Aucune ne parait inutile, surfaite, et chaque lectrice-lecteur y trouvera forcément résonnance avec son ressenti propre, voire avec le sale…

J’emmerde l’équitation

On ne galope pas très loin

en étant à cheval

sur ses principes

Marlène Tissot a ce don qui ne cesse d’enchanter, ce don de la pirouette tout en emmerdant la pirouette. L’art du paradoxe, la nécessité surtout de la contradiction, écorchant au passage tout ce et ceux qui se voudrait ceci ou cela… Ne se prenant elle-même pas au sérieux (surtout pas, quel ennui !), elle a ainsi une intégrale liberté que bien des jaloux-jalouses pourraient lui envier.

J’emmerde la haute couture

Broder ce qui faut de dérision

sur le bord des jours

pour éviter qu’ils ne s’effilochent

Et sage avec ça… C’est-à-dire dotée d’une compréhension profonde et in-situ de la complexité et de la vanité humaine.

J’emmerde l’aqua-bonisme

Mettre les poissons dans un bocal

et les laisser nous regarder

tourner en rond

*

J’emmerde les proverbes

Quant on veut, on peut

mais quand on peut

souvent, on ne veut plus

Un mélange gouteux de désespoir et de jubilation…

J’emmerde les grands discours

Rester fidèle à cette petite voix

qui chante des berceuses

à nos terreurs

*

J’emmerde les courbes de croissance

En devenant adulte on ne grandit pas

on ne fait que rétrécir

notre aptitude à nous émerveiller

Avec une pointe d’acidité…

J’emmerde les évidences

Les choses parlent d’elles-mêmes

les gens aussi

assez souvent

Pour le plaisir, en guise d’amuse-bouche, comme on dit dans les restaurants qui n’osent pas dire amuse-gueule, voici donc quelques-unes des perles de ce recueil qu’il faudrait garder toujours en poche, un genre de spray antidépresseur, voire pour éloigner quelques emmerdeurs et emmerdeuses. Marlène pourrait rajouter : j’emmerde l’égalité des sexes, et elle aurait bien raison, car elle est basée sur de fausses données, il y en a toujours un qui finit avant l’autre.

J’emmerde le strip-tease intégral

Je préfère la vérité

débraillée

à la vérité nue

Mais trêve de….

J’emmerde les blablas

Les mots sont des adultes consentants

on peut les coucher là, l’un par-dessus l’autre

et leur faire dire ce que l’on veut

Procurez-vous vite ce livre et osez donc…

J’emmerde la chasse au trésor

Chercher

ce qu’il reste de bonté

en chacun de nous.

Parce qu’en plus l’éditeur fait partie de ces artisans fous du monde de l’édition indépendante qu’il faut absolument soutenir, et donc acheter ses livres.

Cathy Garcia

Une partie de ce recueil a été publié sous le même titre « J’emmerde… » dans le Mi(ni)crobe n°43, de la revue belge Microbe http://courttoujours.hautetfort.com/

260808513Marlène Tissot est venue au monde inopinément le 10 juin 1971. A cherché un bon bout de temps avant de découvrir qu’il n’y avait pas de mode d’emploi. Sait dorénavant que c’est normal si elle n’y comprend rien à rien. Raconte des histoires depuis qu’elle a dix-ans-et-demi et capture des images depuis qu’elle a eu de quoi s’acheter un appareil. Ne croit en rien, surtout pas en elle, mais sait mettre un pied devant l’autre et se brosser les dents. Écrira un jour l’odyssée du joueur de loto sur fond de crise monétaire (en trois mille vers) mais préfère pour l’instant se consacrer à des sujets un peu moins osés.

Biblio :

Sous les fleurs de la tapisserie, éd. Le Citron gare, 2013.
Les Choses ordinaires, Kiss my Ass éd., 2013.
Buk You, collectif, éditions Gros Textes, 2013.
Je me souviens, c’est dimanche, éd. Asphodèle, coll. « Confettis », 2013.
Mailles à l’envers, éd. Lunatique, coll. « Roman », 2012.
Mes pieds nus dans tes vieux sabots bretons, éd. La Vachette alternative, coll. « 8pA6 », 2011.
Nos parcelles de terrains très très vagues, éd. Asphodèle, coll. « Minuscule », 2010.
Celui qui préférait respirer le parfum des fleurs, éd. La Vachette alternative, coll. « 8pA6 », 2010.

Son site : http://monnuage.free.fr/

Les éditions Gros Textes : http://grostextes.over-blog.com/

 

La piste des sortilèges de Gary Victor, Éditions Vents d’ailleurs 2013

 

  • La piste des sortilèges de Gary Victor, Éditions Vents d’ailleurs 2013 (édition poche). 590 pages, 14, 50 €.

index

Voici en roman intensément fabuleux, qui plairait sans aucun doute à un Tim Burton ou à un Lewis Carroll. Cette quête initiatrice dans laquelle nous entraîne Piripit, sorte d’Alice en version jeune mâle musclé au pays vodou, est un grand chaudron dans lequel macèrent toutes sortes de faits, de créatures et de choses toutes plus étranges et plus inouïes les unes que les autres, l’ensemble dégageant un parfum de goyave, d’embruns et de kleren*, mêlé de sueur et de charogne. C’est la piste des sortilèges. Parmi certains des personnages, on pourrait citer l’incontournable Bawon Samedi et son insatiable fille Gede Loray, Legba, l’ouvreur de portes, ainsi que Petit-Noël Prieur, un chef de bande d’esclaves révoltés, qui refusait l’autorité des généraux durant les guerres de l’Indépendance, mais aussi le maudit Grenn Bôt, « une seule botte », et le Basilic, un redoutable reptile géant.

Piripit, que l’on doit d’abord arracher au pouvoir de la Sirène qui l’avait envoûté, doit voler au secours d’un ami auquel il doit lui-même la vie : Persée Persifal. Pour cela, il doit passer de l’autre côté de la fragile membrane qui sépare le monde des morts de celui des vivants. Une aventure des plus téméraires où le temps presse. Il n’aura qu’une nuit pour retrouver son ami, trahi par d’anciens compagnons de lutte, qui l’ont empoisonné et vendu à des convoyeurs de zombies. Piripit doit le retrouver avant qu’il n’atteigne le point de non-retour et pour cela, il devra franchir toutes les portes de la Piste, en échappant à la multitude de pièges et de dangers qui la parsèment et devra prouver à chaque fois que son ami est un Juste, une espèce en voie de disparition dans ce pays voué à toutes les corruptions.

La Piste, c’est aussi toute l’histoire d’Haïti, passée et présente, avec tous ses habitants depuis les tout premiers, son histoire mythique et son histoire politique, le choc des cultures, toutes ses violences, ses folies, ses sociétés secrètes, ses rites et sa magie, et toute sa beauté et sa sensualité aussi exubérantes que l’imagination de l’auteur qui nous offre ici un roman véritablement stupéfiant. Bouleversant hommage à ce pays qui n’en finit plus d’être meurtri dans sa chair comme dans son âme.

Une nuit, Piripit… mais quelle nuit ! Une nuit de plus de 580 pages. Le temps n’est pas le même, il tourne au ralenti sur la Piste, mais prenez garde, car vous pourriez bien, vous aussi, y passer la nuit sans pouvoir en sortir, car on pourrait mentionner sur la première page du livre : attention, chef-d’œuvre !

* alcool de canne

Cathy Garcia

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Né à Port-au-Prince, Gary Victor est plébiscité par les lecteurs en Haïti. Après des études d’agronomie, il exerce le métier de journaliste durant de nombreuses années et a occupé des postes importants dans la fonction publique haïtienne. Fils de René Victor, qui est peut-être le sociologue le plus important de son pays, l’écrivain en a hérité un regard lucide sur sa société. Ses créations explorent sans complaisance aucune le mal-être haïtien pour tenter de trouver le moyen de sortir du cycle de la misère et de la violence. Son roman, À l’angle des rues parallèles, a obtenu le prix de fiction du livre insulaire à Ouessant 2003. Il a fait également l’objet d’une adaptation au théâtre. Outre son travail d’écriture, Gary Victor est scénariste pour la radio, le cinéma et la télévision. Esprit rebelle, indépendant, ses réflexions sur la société haïtienne ont quotidiennement fait des vagues sur les ondes de l’une des stations de radio de Port-au-Prince, et son feuilleton télévisé sur les mœurs de la petite bourgeoisie haïtienne a été adapté au cinéma.

Il s’est vu décerner le prix RFO 2004 pour son titre Je sais quand Dieu vient se promener dans mon jardin, en 2008 le prix Caraïbes pour Les cloches de La Brésilienne et en 2012, le prix Casa de Las Américas.

  • Bibliographie

Aux éditions Vents d’ailleurs

La Piste des sortilèges, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs, 2013. Réédition en poche.
Quand le jour cède à la nuit, Vents d’ailleurs, 2012.
Le sang et la mer, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs, 2010.
Banal oubli, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs, 2008.
Clair de manbo, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs, 2007.
Les cloches de La Brésilienne, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs, 2006. PRIX CARAÏBES
Dernières nouvelles du colonialisme, recueil de nouvelles, collectif, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs, 2006.
Le Diable dans un thé à la citronnelle, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs, 2005.
Je sais quand Dieu vient dans mon jardin, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs, 2004. PRIX RFO
À l’angle des rues parallèles, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs, 2003. PRIX DU LIVRE INSULAIRE
La Piste des sortilèges, La Roque d’Anthéron, Vents d’ailleurs, 2002.

Chez d’autres éditeurs

Romans

Collier de débris, Montréal, Mémoire d’encrier, 2013.
Maudite éducation, Paris, Philippe Rey, 2012 ; Montréal, Mémoire d’encrier, 2012.
Soro, Port-au-Prince, Imprimeur II, 2011 ; Montréal, Mémoire d’encrier, 2011.
Saison de porcs, Montréal, Mémoire d’encrier, 2009.
Le Revenant, Tome 2, La Pierre de Damballah, Port-au-Prince, L’Imprimeur II, 2009.
Nuit albinos, Port-au-Prince, Deschamps, 2008.
Le Revenant, Tome 1, Port-au-Prince, L’Imprimeur II, 2007.
Le Cercle des époux fidèles, Port-au-Prince, Imprimeur II, 2002.
Un octobre d’Élyaniz, Port-au-Prince, Imprimeur II, 1996.

Nouvelles

Dossiers interdits, Tome 2, Port-au-Prince, L’Imprimeur II, 2013.
Histoires entendues ou vécues dans un tap-tap, Pétion-Ville, C3 Éditions, 2013.
Dossiers interdits, Tome 1, Port-au-Prince : L’Imprimeur II, 2012.
Treize nouvelles vaudou, Préface d’Alain Mabanckou, Montréal, Mémoire d’encrier, 2007.
Chroniques d’un leader haïtien comme il faut (les meilleures d’Albert Buron), Montréal, Mémoire d’encrier, 2006.
La Chorale de sang, Port-au-Prince, Éditions Mémoire, 2001.
Albert Buron, ou Profil d’une élite, Tome 2, Port-au-Prince, Imprimeur II, 1999.
Le Sorcier qui n’aimait pas la neige, Montréal, CIDIHCA, 1995.
Symphonie pour demain, Port-au-Prince, Fardin, 1981.
Sonson Pipirit, ou profil d’un homme du peuple, Port-au-Prince, Deschamps, 1989.
Nouvelles interdites, Tomes 1 et 2. Port-au-Prince, Deschamps, 1989.
Albert Buron, ou Profil d’une élite, Tome 1, Port-au-Prince, Imprimeur II, 1988 ; Port-au-Prince, Deschamps, 1989.

Théâtre

Le Douzième Étage, monologue joué et mis en scène par Albert Moléon au Festival Quatre Chemins, Haïti, 2007.
La Reine des Masques, monologue joué et mis en scène par Natacha Jeune Saintil, Haiti, France, Guinée, Burkina, 2006-2007.
Défilé, mis en scène par Ralf Civil, KTK, Haïti 2005.
Nuit publique, jouée par le Petit Conservatoire dans une mise en scène de Daniel Marcelin à Port-au-Prince, Haïti, janvier et février 2003.
Le Jour où l’on vola ma femme, pièce jouée à Port-au-Prince, Haïti, en 2001.
Anastaste, adaptation du roman À l’angle des rues parallèles, jouée par le Petit Conservatoire dans une mise en scène de Daniel Marcelin en 2001 à Port-au-Prince, Haïti.

Traduction

Ti Prens lan, par Antoine de Saint-Exupéry, Port-au-Prince, La Direction Nationale du Livre, 2010.

L’Orange bleue, Abdellatif Laâbi, illustrations de Philippe Amrouche

index

  • L’Orange bleue, Abdellatif Laâbi, illustrations de Philippe Amrouche

Le clin d’œil poétique de son titre et l’illustration de la première de couverture attirent l’attention du lecteur adulte plus encore que du très jeune lecteur. En lisant L’Orange bleue, je ne peux m’empêcher de repenser à The Little Girl named I, que le poète américain Cummings avait écrit pour sa petite fille. Même enchantement. Lorsqu’un écrivain met sa plume au service des petits sans renoncer aux exigences de son art, il leur témoigne le plus grand respect.

 

©Marie-Claude Bourjon

M©Dĕm. a lu et commenté pour vous : n° 49 de Traversées intitulé Pierre DHAINAUT

Traversées N°49

Traversées N°49

En remontant dans les archives de Traversées j’ai retrouvé un numéro de la revue consacré au poète Pierre DHAINAUT (n°49 / Hiver 2007-2008).

[Au passage, l’on se dit que l’Éditorial signé alors de Véronique DAINE (Belgique) et qui soulignait la nécessité et l’urgence de porter regard à cet Autre poussé et délaissé dans la Précarité dans tous ses éclats dévastateurs et ce, jusqu’aux derniers retranchements, jusqu’au renoncement –on se dit que cet Éditorial laisse à réfléchir au vu de sa continuelle actualité en… 2014…].

Revenant donc au 49 de Traversées intitulé Pierre DHAINAUT et alii –un exemplaire ravivant les tiroirs de la mémoire- je me suis longuement arrêtée sur les pages intitulées ‘Une école des rivages’ suivant l’expression du poète – j’ai voyagé dans ces pages pour y revenir et y revenir encore, et en noter par intermittences comme des impressions –des réflexions aussi peut-être- que m’inspirait la poésie de Pierre DHAINAUT. Si je devais choisir quelques mots évocateurs pour moi de la poésie de l’auteur de Mon sommeil est un verger d’embruns (1961) je choisirais ceux de mouvement, exigence, souffle, partage. Et c’est dans la mesure où ce sens de partage est particulièrement sensible dans l’univers et pour le poète Pierre DHAINAUT, que rebondir même timidement, en tout cas humblement sur la plage de son école des rivages, m’a semblé pouvoir être porté.

Non, nous n’initierons pas les enfants à la poésie, comme c’est devenu l’usage dans nos écoles, par l’intermédiaire des seuls jeux verbaux. Certes, le nombre de syllabes ou la reprise de quelques sonorités participent à la naissance, à l’expansion d’un poème, ils lui sont consubstantiels, mais en les isolant on en fait des procédés, on s’en tient au langage, et l’on oublie que l’exigence de l’écriture ne consiste pas en la fabrication d’un objet, elle est bien plus vaste. L’écriture, une école des rivages : le poème n’est si ardent, il n’est juste que s’il se porte et nous porte hors de lui. (Pierre Dhainaut)

 Pierre DHAINAUTL’auteur du recueil Le don des souffles (Mortemart, Rougerie ; 1990), s’il OUVRE le poème conçu tel un souffle dans un appel d’air lui-même ouvert par l’absence d’inscription sur la page (Une école des rivages)- OUVRE dans un même élan d’écritures (de la vie courante et de la vie écrite/sans cesse à écrire) une terre d’accueil et de recueil où le partage est un des maîtres-mots.

Le poème n’en est pas un, qui a la prétention de se suffire.

Rendre les mots moins lourds, moins opaques, et ne penser qu’à eux dans cette tâche, mais que serait le poème s’il les gardait pour lui, s’il ne nous rendait pas, auteurs ou lecteurs, un peu moins lourds, moins opaques, nous aussi.

Quête existentielle ici du poème, vitale pour le sujet qui l’instaure au centre de son expérience personnelle sociale à partager en terre de vie, de poésie –de poéVIE. La poésie ici n’est pas aux prises avec un horizon spéculatif mettant l’accent de façon emphatique sur sa vocation ontologique, ni enfermée dans une vision sacrale, logolâtrique l’instaurant gardienne d’un monde parallèle à l’intérieur d’une tour vide dont elle serait la seule instauratrice parce que non ouverte au Dehors, au rythme de la vie, à sa densité expérimentée chaque jour et sans cesse éprouvée, donc exposée à ce qui est autre qu’elle-même et dans les faits la nourrit. La poésie chez Pierre Dhainaut est poéthique, formant une existence à la fois lyrique et poétique –ce que Jean-Claude PINSON nomme : «l’habitation poétique».*

Plus que son auteur, le poème est un hôte : quand lui ressemblerons-nous ? questionne Pierre DHAINAUT dans Une école des rivages. Et pour cela, l’effacement de soi au service du poème est indissociable de sa genèse et de son accouchement ; par-delà de son expansion et de ses résonances ; de la pérennité vivante de sa parole et de l’immuable allié à l’éphémère qu’elle nous porte. C’est pourquoi Vers après vers, l’espoir se ravive, celui de renaître, renaître en éphémère. Poésie papillon du jour renaissant Phénix de ses ailes perpétuellement à éployer.

L’insistance de P. DHAINAUT à rappeler le nécessaire retrait de la personne de l’auteur, du nécessaire oubli du souci de soi au service du poème (On veut s’affirmer, puis on veut s’effacer, on s’accorde alors trop d’importance : ce qu’il convient de réduire, quelles que soient nos activités, le souci de soi) -ouvre ce dernier à la respiration dont l’espace se forme au rythme de ses propres pulsations. Ainsi les Entrouvertures (titre d’une série de septains publiés dans ce n°49 de Traversées) sont-elles assurées au sein d’un espace-temps où instant et durée donnent à vivre un temps vécu sans cesse à renaître (L’instant et la durée sont égaux, sont eux-mêmes, au présent du poème). Ces Entrouvertures ouvrent à cette passion de la patience. Entrouvertures également offertes à l’œuvre inachevée : Je m’étais dit : le jour où je serai certain d’avoir vraiment écrit, non pas un livre, mais une phrase, une seule, je pourrai m’arrêter, je n’aurai plus rien à prouver, je saurai mieux vivre. Bien sûr, ce jour n’est pas venu. Il ne pouvait venir. Il ne viendra jamais. A peine esquissée, une phrase en désire, en suscite une autre, encore une autre… Commencer à écrire, commencer sans cesse, entrer dans l’inachevable. Mais cet inachevable ne cède en rien à la stérilité d’une stagnation : le poème s’écrit, se transmue, se transmet dans la progression (poème qui progresse en essaimant).

On aura compris que ces pages de Pierre DHAINAUT dressent une sorte d’art poétique, indissociable d’un art de vivre ; mais elles expriment aussi la singularité de la poésie de DHAINAUT.

Je ne citerai pas davantage ces pages de L’école des rivages (on aura noté le pluriel des rivages, de mot en mot, le sens se libère, la résonance, tout se dit au pluriel) –je ne citerai pas davantage de ces bribes, sinon à prendre le risque de tout reproduire ici.

Tant le poète nous parle, tant il résonne –pour qui l’écoute, pour qui a gardé cette vertu d’accueil et cette force augurale vécues pleinement au pays de l’enfance livrée aux souffles pluriels des émotions, furtives mais fortes, passagères mais intensément immuables. Permanence de la parole du poème.

M©Dĕm.(Murielle Compère-DEMarcy)

Ouvrez le gaz 30 minutes avant de craquer l’allumette d’Éric Dejaeger, avec des photos & illustrations de Pierre Soletti, précédé d’aimables considérations générales de Jean L’Anselme

 

  • Ouvrez le gaz 30 minutes avant de craquer l’allumette d’Éric Dejaeger, avec des photos & illustrations de Pierre Soletti, précédé d’aimables considérations générales de Jean L’Anselme – Tirage limité et numéroté – Ed. Gros Textes 2014. 48 pages, 13 euros

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Quelle classe ! C’est un véritable livre d’artiste là, qui donne la part belle (pleine page, papier glissant sous les doigts) aux illustrations, dont une bonne partie sont des photos – prises pour beaucoup dans et depuis un appart d’un Xème étage d’un quelque part qui ressemble à beaucoup d’autres en zone urbaine. Le genre d’illustrations qui convient parfaitement au titre du livre et qui annoncent à la fois la couleur : noir, blanc et un rouge bien vif et l’odeur… Ici les poèmes viennent se coller à l’image, parfois comme des post-it ou s’insérant dans les lignes du décor, s’excusant presque d’être là.

Le jour se lève

vu sa gueule de bois

à dégoûter une tronçonneuse

il s’enfile deux Dafalgans®

effervescents

&

retourne se pieuter.

Et c’est bien du Dejaeger que nous sommes en train de lire et c’est vrai que la poésie de Dejaeger c’est un peu ça, des textes courts écrits comme avec une gueule de bois perpétuelle, qui fait qu’on va direct à l’essentiel, on ne s’encombre pas (déjà assez encombré comme ça) et surtout on ne peut définitivement pas se laisser emmerder et encore moins se prendre au sérieux ou se jouer la comédie. Gueule de bois ne signifie pas langue de bois bien au contraire, la langue, même pâteuse, ne s’en laisse pas conter, elle tire à vue et elle décape. Efficace, comme ces tampons en paille de fer pour nettoyer les cendriers… Normal, elle a pris sa dose de détergent… Tout en prend pour son dégradé et les poètes pour commencer, jamais si bien servi que par soi-même. Pas de place pour le vernis, les fioritures pompeuses, les m’as-tu vu quand je prends la pose… Dejaeger lui ce qu’il veut c’est

de la poésie

qui casse,

qui merde,

qui vomit

& qui te répond quand tu l’appelles

et quoiqu’en dise le titre de ce livre, il se moque bien de la posture du poète dépressif suicidaire, d’ailleurs c’est un Titre à la con

(…)

Ne participez pas

plus encore

au réchauffement

de la planète !!

C’est que sous ses airs de méchant débonnaire, l’humour de Dejaeger n’est pas idiot pour autant, bien au contraire, faisant fi de la bonne conscience obligatoire, il lui reste la seule et véritable conscience qui vaille : la sienne.

- J’en ai ras le bol !

- Ça arrive…

- Dis, Éric, toi qui a toujours le moral, c’est quoi ton secret ?

- Je n’ai pas de morale

- C’est une philosophie comme une autre

- Je n’ai pas de philosophie.

Mais de la poésie, il en a le Dejaeger, une pleine cargaison, d’abord parce qu’il sait que la poésie, c’est service à volonté, il y en partout et qu’elle peut décapiter coca cola et transformer un cumulo-nimbus en attentat pâtissier, avec un beau clin d’œil

en pensant que là-haut

Noël Godin

a enfin réussi à entarter

le soi-disant

créateur

Et qu’elle peut même sortir d’un tube de gel douche

«  Le plus génial :

un gel

au lait de pêche !

En me savonnant

je pense

à une jolie fermière

occupée à traire

une pêche »

Lire Dejaeger c’est comme partie à la pêche justement, sachant qu’on peut y aller peinard, on ramènera toujours quelques beaux poissons et même peut-être des poissons volants !

La poésie

passe beaucoup mieux

avec

un coup dans l’aile

de la poésie,

bien entendu :

je ne suis pas un ange !

A lire donc, avec une offrande de bière pour les poissons.

©Cathy Garcia

1403340085Éric Dejaeger (1958-20**) continue son petit mauvaishomme de chemin dans la littérature, commencé il y a plus de trente ans. Il compte à ce jour près de 700 textes parus dans une petite centaine de revues, ainsi qu’une trentaine de titres chez des éditeurs belges et français. Refusant les étiquettes, qui finissent toujours par se décoller et valser à la poubelle, il va sans problème de l’aphorisme au roman en passant par le poème, le conte bref, la nouvelle, voire le théâtre. Sans parler de l’incontournable revue Microbe, qu’il commet depuis de nombreuses années, de mèche avec Paul Guiot.

 

Derniers titres parus :


Buk you ! – Ouvrage collectif autour de Charles Bukowski – Éd. Gros Textes (France, 2013)

Les cancans de Cancale et environs (recueil instantané 3) – Autoédition – Tirage strictement limitée à 64 exemplaires (2012)

La saga Maigros – Cactus Inébranlable éd. (Belgique, 2011)

NON au littérairement correct ! – Éd. Gros Textes (France, 2011)

Un Grand-Chapeau-Noir-Sur-Un-Long-Visage in Banlieue de Babylone (ouvrage collectif autour de Richard Brautigan), Éd. Gros Textes (France, 2010)

Je ne boirai plus jamais d’ouzo… aussi jeune (recueil instantané 2) – Autoédition – Tirage strictement limitée à 65 exemplaires (2010)

Le seigneur des ânes – maelstrÖm réÉvolution (Belgique, 2010)

Prises de vies en noir et noir – Éd. Gros Textes (France, 2009)

Trashaïkus – Les Éd. du Soir au Matin (France, 2009)

De l’art d’accommoder un prosateur cocu à la sauce poétique suivi de Règlement de compte à O.K. Poetry et de Je suis un écrivain sérieux – Les Éd. de la Gare (France, 2009)


Blog de l’auteur : http://courttoujours.hautetfort.com/