Les lectures de Georges Cathalo

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Christian Degoutte : « Sous les feuilles »

Avec Christian Degoutte, le lecteur est invité à pénétrer dans d’étranges territoires où la progression peut paraître délicate. Pourtant, c’est à ce prix que se gagne le bonheur de « trouver la paix avoir une vie toujours neuve cristalline », en échappant à « la meute des événements ». Cette recherche permanente crée un trouble qui brouille les frontières si tant est qu’elles existent ici entre d’improbables contrées. Beaucoup de poèmes présentés en italiques sont adressés ou murmurés à partir d’évocations suggestives (« expiration lente du tissu / sur tes cuisses tes jambes »), de situations rêvées (« retroussée comme une ballerine / tu joues à t’envoler ») ou de contacts amoureux (« mes lèvres poursuivent / le goulot de ta voix »). Ces instants privilégiés cristallisent des images qui sont des « feuilles mortes à la surface » que l’on frôle et qui nous quittent. Quant à « l’écran de la vie des autres », il renvoie à de minuscules fragments d’existence sur lesquels ricochent les regards comme sur de froides vitrines. Il faut lire ce livre lentement pour en apprécier davantage les vertus « sous la surface des regards » mais aussi des apparences.

(Christian Degoutte : « Sous les feuilles » (p.i.sage intérieur éd., 2013),

64 pages, 8 euros – 11 rue Molière – 21000 Dijon ou contact@p-i-sageinterieur.fr)

lf-54_SeguraJosette Segura : « Dans la main du jour »

Dans sa « modeste collection d’éclaircies », Josette Segura à pris un soin particulier à noter ce qui survient d’imperceptible et d’inattendu, à « noter pour que quelque chose reste, se dépose ». C’est parce que « les mots nous entraînent où ils veulent » qu’il faut redoubler de vigilance en s’efforçant de demeurer dans la lumière du jour, ne pas se laisser absorber par « la forêt de nos ombres ». On retrouve dans ce beau livre une évidente filiation avec l’oeuvre de Gaston Puel en tant qu’allié substantiel. Au jour le jour, au gré des sorties, les découvertes se précisent et s’affinent ; des lieux sont évoqués, nommés, des lieux à l’écart des circuits touristiques, des lieux habités par une invisible présence : forêt des Landes, halle de Thil, col du Tourmalet ou paysage des Baronnies. Là, comme partout, pour qui sait voir, « la journée est simple et belle » et il faut « continuer sur notre chemin » aux antipodes du monde trépidant qui nous est imposé. Il devient urgent de réapprendre la patience et la lenteur quand « la pensée nous aide à toucher la lumière » et que l’émotion « nous rend à nous-mêmes, nous arrache à l’état de possédés ». Etre à l’écoute des autres, c’est ce que fait Josette Segura car « quand quelqu’un a parlé juste / comment ne pas entendre ». Alors, nous-aussi, écoutons-la et lisons-la.

(Josette Segura : « Dans la main du jour » (Editinter éd., 2013), 86 pages, 14 euros -

BP 15 – 91450 Soisy-sur-Seine ou contact@editinter.fr)

christien-temps-mortsMarie-Josée Christien : «Temps morts» et «Petites notes d’amertume»

Il y a, chez Marie-Josée Christien, une force de caractère hors du commun que l’on ressent à travers la lecture de ses diverses publications. Si elle «laisse aux mots / le soin de veiller», elle n’hésite pas à prendre les choses en main pour avancer, aller toujours plus loin, car «le chemin seul /importe» et «la destination est perdue / dans la poussière du futur». Se tenir debout dans l’instant présent semble être le point majeur pour ne pas s’abandonner à d’illusoires résolutions. On conseillera de lire tout d’abord ces poèmes solides et apaisés et de ne lire qu’ensuite la délicate préface de Pierre Maubé.

christien-notes-amertumeDans le second ouvrage, on découvre des aphorismes et des réflexions, «minuscules monolithes» comme les nomme Claire Fourier dans sa préface. Certains propos sont de véritables invitations à poursuivre une voie poétique singulière. Parfois, au détour d’une page, on devine un aveu ou une confidence mais c’est pour mieux s’effacer derrière les mots, ce qui est loin d’être le cas de certains poètes qu’elle évoque sans les nommer, «poètes aux écrits interchangeables».

On lira d’un seul trait ces deux livres complémentaires parus aux éditions associatives Sauvages. On les lira comme l’on ouvrirait les deux battants d’une fenêtre donnant sur un horizon breton, tonique et vivifiant.

(Marie-Josée Christien : « Temps morts ». Sauvages éd., 2014. 54 pages, 12 euros et « Petites notes d’amertume ». Sauvages éd., 2014. 66 pages, 12 euros –

Ti ar Vro, Place des Droits de l’Homme – 29270 Carhaix)

lf56_RavelChantal Ravel et Evelyne Rogniat : « Est-ce que cela a existé? »

Si ce beau livre se singularise par une impeccable présentation au format carré (20X20), il se distingue des publications ordinaires par un riche va-et-vient entre les poèmes de Chantal Ravel et les photographies d’Evelyne Rogniat. Ces deux « productions artistiques » se répondent parfaitement et l’on ne parvient pas à savoir où se trouve le point de départ et ce qui fait écho de l’une à l’autre. Dans son patient travail d’orpailleuse du passé, Chantal Ravel s’oblige à « une humilité de chercheur d’étoiles ». Ces images venues d’un passé que l’on devine riche et mystérieux, elle les aborde de front au point où l’on se demande si ces choses-là ne sont pas imaginaires. Ces souvenirs éclatés d’une enfance rurale, demeurent à l’état de puzzle, « pour s’approcher de l’absence / du naïf sentiment de la perte ». Si « l’enfance est le lieu de l’éternité », la maturité peut l’être aussi lorsqu’il s’agit d’affronter le réel sous tous ses aspects, « faire avec / l’angle mort / le hors champ / l’image inaccessible/ les trous de l’histoire ». Les deux pages finales de présentation des deux artistes fournissent quelques clés pour « tenter de renouer avec les fils de l’histoire ».

Chantal Ravel : Est-ce que cela a existé? (Jacques André éd., 2013),

avec des photographies d’Evelyne Rogniat,

58 pages, 17 euros – 5 rue Bugeaud – 69006 Lyon

lf57_Mathe_Jean-François Mathé : « La vie atteinte »

En bon artisan du verbe poétique, Jean-François Mathé poursuit humblement un parcours entamé depuis plus de 40 ans. Il y a, dans ces nouveaux poèmes, un ton et une allure qui dépaysent le lecteur en créant une sorte d’envoûtement. Confession intime, aveu à peine formulé, simple constat : un peu de tout cela et le mystère demeure car « Il y a longtemps que nous amassons/ des pierres et de la nuit ». Avec l’âge (?), l’auteur ose davantage s’aventurer sur les sables mouvants d’un « je » encore hésitant et puis, assez vite, c’est le « nous » qui revient à la charge avec le devoir de témoigner : « Nous ne disons rien, de peur de trouver/ pire que la monotonie du silence,/de peur de trouver/ le couteau caché dans les mots ». Survient alors ce qui sépare, ce qui tranche et disloque, ce qui menace. Raison de plus pour nous de poursuivre : « Fragiles obstinés, nous avançons/ tant que chaque horizon en promet un autre ». Et si finalement la clé de ce recueil se trouvait dans la longue citation finale de Jules Supervielle ? Ne faut-il pas voir là un pont entre ces deux poètes intimistes évoluant dans un univers où se croisent les ombres et les lumières?

(Jean-François Mathé : « La vie atteinte » (Rougerie éd., 2014), 82 pages, 13 euros -

tirage à 450 exemplaires sur bouffant - Rougerie éd. – 87330 Mortemart)

lf58_HoudaerFrédérick Houdaer : « No parking no business »

Avec Frédérick Houdaer, on est dans le court-circuit permanent et cela dès l’exergue de ce livre où voisinent deux citations, l’une de Witold Gombrowicz et l’autre de … Walt Disney ! Un peu plus loin dans le recueil, le journal L’Equipe est en balance avec le dernier recueil de poèmes de l’un de ses amis. Disons que c’est peut-être à cela que l’on reconnaît vraiment un poète affranchi des règles de bienséance dictées par le poétiquement correct. Mais tout cela ne doit pas masquer l’originalité de cette parole actuelle qui ose faire bouger les lignes tout en témoignant de menus faits d’une existence déchirée. Il s’interroge sur le pouvoir que peuvent avoir les poètes face aux situations complexes. « A quoi servent les poètes? » s’interroge-t-il, et lui, parmi les autres, doutant, observant ses semblables lors de rencontres poétiques ou dans une file d’attente à la CAF, s’interrogeant depuis 44 ans comme il le signale dans l’émouvant dernier poème du livre. Et même si Houdaer déclare « n’écrire que pour quelques-uns », sa poésie est très ancrée dans le réel et pas seulement à la Croix-Rousse à Lyon où plane le fantôme ricaneur de Pierre Autin-Grenier pour qui l’éternité est toujours inutile.

(Frédérick Houdaer : « No parking no business ». Gros Textes éd., 2014,

78 pages, 8 euros – Fontfourane – 05380 Châteauroux-les-Alpes)

©Georges Cathalo

M©Dĕm. a lu et commenté pour vous :

9782343022031r

Ainsi se parlent le ciel et la terre, de Michel COSEM -recueil de poésie de 89 p. paru aux éditions L’Harmattan , 12/2013 – [11,50 €]

Écrire être au monde en sachant comment se parlent le ciel et la terre, avec toute la sérénité d’un poète qui maîtrise sa langue et pose un regard paisible sinon rasséréné sur le monde, -ainsi nous parle / créé / voyage Michel Cosem.

Écrire : Ȇtre / Ȇtre au monde et l’ Écrire / Écrire & être au monde

Une même lettre initiale inaugure la geste créative, que transfigure l’acte poétique porté par le poème, d’un merveilleux quotidien. Geste créative / Quête existentielle.

Ainsi se parlent le ciel et la terre s’ouvre sur le Dire de cet acte inaugural "Écrire être au monde", comme dans l’Aube de Rimbaud "la première entreprise fut une fleur qui (…) dit (au poète) son nom".

Et le merveilleux quotidien, surgi de cette entreprise de langage entre le ciel et la terre mise en mots par le poète, transparaît d’emblée dans les interlignes de la page première.

Il s’agit d’ Écrire être au monde / Comme un carré de terre, mais, pas n’importe quel espace-temps ici s’instaure—

— puisqu’on l’y trouve semé d’orchidées mauves / et de plumes d’oiseaux

— puisque les interlignes

sont de ressource

inscrits dans la sève & dans les sources,

reconduits sans cesse / sans arrêt

renaissants /

sur la ligne de crête des souvenances

dans les lumières, dans les mémoires

— puisque s’y écrivent

les soleils et les océans,

les racines du monde

En plein ciel ou dessous

l’écorce

d’où se relisent / s’écrivent

se relient

l’histoire et l’imaginaire

les horizons pluriels /

l’Est du levant

l’Ouest du couchant /

Du cœur les crépuscules

ou

les hautes dunes d’or.

Nous sommes

dans Ainsi se parlent le ciel et la terre

À la limite

À la limite presque bleue presque blanche

à la limite reliant le règne du vivant au règne de l’imaginaire

Si les référents sont souvent de sources élémentaires (l’eau, le vent, le feu des soleils, le souffle de la terre), leur existence prend Encrage sur la ligne du cœur d’où écrit le poète Michel COSEM.

Jean Joubert dans la Préface évoque la concision des poèmes, l’expressivité des images et des métaphores qui s’y déploient, et parle, à propos des petits poèmes en prose qui remuent aussi les pages de ce recueil, de petits chefs-d’oeuvre de finesse et d’émotions discrètes.

Je pense que la puissance évocatrice et la force créatrice des poèmes constituant Ainsi se parlent le ciel et la terre se trouvent là : dans la simplicité et la profondeur des réalités qu’ils lèvent. Profondeur d’une observation fine et attentive du poète qui regarde et écrit le monde où il prend corps et chant ; simplicité des visions révélées, à portée de regard, de la synesthésie de tous les sens et des sentiments, dans une envergure et une altitude portées par l’écoute en veille ou active du monde, vue par le poète.

D’envergure et d’altitude il est question ici où se déploie l’incessant dialogue entre le ciel et la terre, d’autant que l’oiseau en signale abondamment les lignes de voyage, les lignes de partage et de contrées migratoires, les couleurs.

Le rossignol, hôte d’un même territoire que celui disputé à l’eau laissant venir à elle la feuille rousse ; la buse qui en plein midi noir / miaule ; tandis que roule le loriot / dans la forêt légère / Le nid tissé de frais / est plein d’illusions ; le chant discret de la sitelle où passe un papillon ; la hulotte toute tremblante annonce la nuit et les chemins de hasard, les rêves qui scintillent au bout des mots ; …

Sans doute rôde au-dessus d’Ainsi se parlent le ciel et la terre, L’ombre de l’oiseau de proie titre d’un recueil du même poète aux éditions de L’Amourier—

Oserais-je écrire que les poèmes de Michel Cosem ressemblent à des ortolans gagnant leur territoire sur l’arbre-de-poésie -l’ortolan recherché, l’ortolan rare à apprivoiser du regard et dans l’esprit ?

Mais le poète-éditeur est à l’écoute du monde animal et végétal dans son ensemble, en une multitude que l’acuité du regard seule signale (le grand cerf, les orchidées mauves, les feux d’herbes, le vieux chêne, les broussailles, le scarabée doré, le papillon aux ailes de rouille, l’abeille tournant sous le lilas…),

Car il s’agit bien de voir, écouter et regarder -tous les sens en éveil- pour VOIR ; VOIR et être au monde ; VOIR, Écrire être au monde

Entendrai-je encore longtemps

le chant des tourterelles

dans les platanes verts semés de ciel et

d’hirondelles

et de tranquilles idées ayant les habits du matin.

Entendrai-je encore longtemps parler la langue

verte du fleuve

portant des myriades de nouvelles d’aval ?

Ainsi se parlent le ciel et la terre éd, de l’Harmattan (12/2013) de Michel COSEM -nous écouterons

encore longtemps

résonner en nous

ses poèmes

Que nous prendrons

à chaque matin de

nouvelle rose /

Que je prendrai encore

à la nouvelle rose de

chaque matin.

Mais laissons,là, la vraie parole au poète :

Une nouvelle rose ce matin se balance et cherche à me ravir. Je la laisse un instant en attente. Elle me parle du vent d’été et de la forêt redevenue sombre et bruissante, des nuages clairs qui passent dessinant des fantasmes. Elle m’entoure d’une écharpe de laine fraîche car le fond de l’air est frais, tandis qu’alouettes et rossignols se répondent en paix.

M©Dĕm.(Murielle Compère-DEMarcy)

Murielle Compère-DEMarcy signe depuis peu du monogramme MCDem.

Publications en Revues

-Comme en poésie, n°57, mars 2014 (J.-P. Lesieur, Hossegor)

-Traction-Brabant n°56, mars 2014 (P. Maltaverne, Metz)

- Libellé, régulièrement (parutions les plus récentes : décembre 2013, mars 2014) (Michel Prades, Paris 20è)

-Chronique Trouvailles de Toile… (Expressions, Les Adex, 60800 Rouville)

-Florilège n°154, mars 2014 (S. Blanchard, Dijon)

-2000Regards, n° de mars 2014, n° d’avril 2014 (Y. Drevet-Ollier, Nevers)

-Mentionnée dans la rubrique “Le monde des revues poétiques” de Poésie sur Seine, revue d’actualité poétique (92) pour son éditorial dans l’AERO PAGE (UNIAC / Dijon)

- Mentionnée dans la rubrique Chroniques de LIBELLE, mensuel de poésie (Paris, 20ème) pour L’Eau-Vive des falaises aux éd. Encres Vives, mai 2014

-Comme en poésie, n°58, juin 2014 (J.-P. Lesieur, Hossegor)

-Mille et un poètes, n°5, juin 2014 (éd. Corps Puce / association Lignes d’écritures / Jean Foucault / Amiens)

Publications Sites en ligne

-Le capital des mots, site d’Eric Dubois, février 2014

-Délits de poésie, site de Cathy Garcia (Nouveaux Délits), mars 2014

-La Cause Littéraire, le 19/03/14 pour le Poème I ; le 29/03/14 pour les Poèmes II, III & IV ; le 07/05/14 Poèmes V, VI et VII

-Chroniques sur le site de Traversées / P. Breno (Belgique), depuis février 2014 (articles sur Ailleurs simple de Cathy Garcia, Pierre Reverdy l’enchanteur, La partie riante des affreux de Patrice Maltaverne & Fabrice Marzuolo, à hauteur d’ombre de M.-Fr. Ghesquier di Fraja, sur le poète Pierre Dhainault)

-Les tribulations d’Eric Dubois. Blog de poésie. Poetry blog. Article signé MCDem sur Ce que dit un naufrage aux éd. encres Vives coll. Encres Blanches, 25/03/2014

-Recension / Articles critiques / Chroniques sur le site en ligne de La Cause littéraire (Ailleurs simple de Cathy Garcia, éd. Nouveaux Délits, le 07/04/14 ; La partie riante des affreux de Patrice Maltaverne & Fabrice Marzuolo, éd. Le citron Gare, le 04/05/14 ; Reverdy, l’Enchanteur, le 08/05/14 : A hauteur d’ombre de Marie-Françoise Ghesquier di Fraja, éd. Cardère, le 10/05/14

-La Cause Littéraire, le 07/05/2014 pour Poèmes V, VI, VII

- La Cause Littéraire, pour Les Fées penchées de Véronique Janzyk, éd. numérique ONLIT, le 13/05/2014

- Traversées / P. Breno (Belgique), pour Les Fées penchées de Véronique Janzyk, éd. numérique ONLIT, le 18/05/2014

- Dualed d’Elsie Chapman éd. LUMEN sur le site en ligne de La Cause littéraire (21/05/2014)

- La solitude est sainte de William Hazlitt éd. La Table ronde sur le site en ligne de La Cause littéraire (01/06/2014)

- Le crépuscule de la démocratie de Nicolas Grimaldi éd. Grasset sur le site en ligne de La Cause littéraire (06/06/2014)

- Sur le site en ligne des éditions LUMEN pour la publication de l’article sur Dualed, d’Elsie Chapman

-Mentionnée sur le blog dePierre Kobel La pierre et le Sel, revue d’actualité et d’histoire de la poésie pour son article sur Pierre Dhainaut (Juin 2014)

-Mentionnée sur le blog de Jacques Lucchesi éditeur du Port d’Attache (Marseille) pour article sur Missives du vent d’Henri-Michel Polvan (http://editionsduportdattache.over-blog.com )

-Mentionnée sur le blog de Valérie Debieux rédactrice-adjointe de La Cause Littéraire pour article sur Ainsi se parlent le ciel et la terre de l’éditeur-poète Michel Cosem (http://www.valeridebieux.over-blog.com) (Juin 2014)

-Répertoriée dans le site des auteurs de Traversées, revue de Patrice Breno (VIRTON, Belgique)

Publications Recueils

-Atout-Cœur éd. Flammes Vives / Claude Prouvost, 2009

-L’Eau-vive des falaises c/o Michel Cosem éditeur, éd. Encres Vives, coll. Encres Blanches, avril 2014

-La F—du Logis, recueil de nouvelles, Été 2014 (à paraître)

Prix littéraires

-Prix catégorie Poésie dans le cadre du Concours international de littérature et de créations artistiques organisé par la Cité-Nature d’Arras

-Prix catégorie Fiction à l’occasion de la Semaine de la langue française et de la francophonie dans le cadre du Concours Dis-moi dix mots organisé par la DRAC / Picardie, 2012

-Prix Le Poète du mois organisé par l’Association de Poésie Française Contemporaine (A.P.C.F. / Dijon) en juin 2013

-3ème Prix du Libraire pour une nouvelle littéraire, le 31/05/2014 dans le cadre du Concours international de littératures et de diaporamas organisé par l’association Regards (Nevers)

-3ème Prix Le Jardin des poètes pour le texte “L’Orchis-des-Fées” organisé par l’Association de Poésie Française Contemporaine (A.P.C.F. / Dijon) en juin 2014

Publications prévues

-Verso / Alain Wexler (à paraître)

- Microbes 85 / Eric Dejaeger –Été 2014

-L’Ouvre-Boîte à Poèmes

- Nouveaux Délits / Cathy Garcia –octobre 2014

- 4ème de couverture Poésie/première n° 59, juin 2014 (Emmanuel Hiriart //Jean-Paul Giraux / Martine Morillon-Carreau / Philippe Biget / Guy Chaty) : Poème de MCDem illustré par Didier, Mélique

- La Passe / Tristan Felix-Philippe Blondeau, numéro d’octobre 2014

-Décharge / Jacques Morin (à paraître fin 2014, courant 2015)

-La F—du Logis, recueil de nouvelles, Été 2014

Liens

http://www.mcdem7.over-blog.com

M©Dĕm.Murielle Compère-DEMarcy a lu et commenté pour vous:

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  • Minute  Papillon de Jean-Pierre LESIEUR, éd. Comme en poésie, 51 p. ; 2012 [10 euros]

[Pour une petite minute de détente & de poésie---] (1)

Il est des minutes que l’on compte, que l’on décompte ; d’autres qui se comptent comme ces minutes emportées dans la ronde des heures de la vie journalière

& celles qui comptent comme cette MINUTE.PAPILLON saisie au vif dans son vol au 1/60ème de ronde par le poète pour un moment passé hors du temps dans le bonheur d’une traversée toute en poésie.

C’est le livre d’une Minute Papillon qu’offre ce recueil du poète-revuiste Jean-Pierre LESIEUR, accompagné au “pinceau” par la peintre de Capbreton, FLAM, dont les merveilleux et enchanteurs croquis rehaussent la beauté des mots & des choses.

Scénario original que de mettre en poèmes la vie rondement menée d’une minute… (sous-titre figurant sur la page de garde, avec frontispice).

Écrits en vers libres les courts poèmes déclinent dans leur cadre la vie rondement menée de cette minute qui s’envole du carcan de la mécanique du Temps –pour nous transporter dans les rouages, les coulisses & les fantasmes de ses échappées de lépidoptère.

La petite minute

se désolait

dans sa tanière de rouages

Bougeant

ses menottes rouges

dans tous les sens

Elle donnait la main

à ses soixante sœurs

Pour faire vivre

la famille

de la ronde de l’heure.

N.B. – 60 sœurs –ou 59 ? La Minute Papillon vit donc ici un supplément d’existence à part…

échappée de sa vie sociale de minute parmi les 59 autres minutes faisant l’heure à son tempo

échappée au quart de quarteron de tour pour une course à revers de la montre

des ailes accrochées au fox-trotté de sa ronde, pour nous emporter dans une danse à contre-temps ou à plein régime d’un temps d’éternité

La minute danse ici dans une ronde drôle & aux battements d’ailes “tintinnabulées” d’humour. Ainsi dans le déroulé poétique de la marmaille des minutes ou dans cette entreprise de

La mère minute

qui s’y connaissait

dans les appareils du temps

(et qui) fit visiter à ses filles

la clepsydre

de leur arrière-grand-mère

leur recommandant bien

de ne rien dire

à l’horloge parlante

ni aux horlogers

du changement d’heure

qui officient

chaque nouvelle année

quand on en perd une.

La Minute Papillon joue avec le Temps comme le poète, dans des tours de passe-passe menés par la baguette anachronique du poème.

L’histoire de l’Heure se conte et se compte jusqu’à bousculer la mesure du Temps et à en mêler d’une façon ludique les fuseaux dans une petite révolution poétique du cours des horaires.

Le lecteur s’amuse avec cette Minute Papillon malicieuse entourée de sœurs non moins espiègles posant des questions sur le temps – le temps qui se compte, se conte, raconte des histoires de temps –du temps qui se mesure – à en perdre parfois son heure—

Elle fut stupéfaite

d’entendre la maline

parler de

cocotte-minute.

Était-ce une minute déguisée

Une minute dégrisée

Une minute qui durait

Le temps d’une cocotte

Ou d’un chant du coq

Était-ce un appareil

(suite à dé-couvrir…)

Bien sûr les instruments d e mesure du temps participent à la ronde eux aussi : le sablier, la clepsydre, l’horloge,… mis en scène par le poète.

À lire ce petit livre amusant d’une Minute.Papillon au Pays des Muses

À lire & retrouver les rives minutes de l’enfance

À lire ce beau recueil empli de poésie et dont les croquis de FLAM embrasent les minutes d’eau, de verve & de sable

-vous en aimerez la route de ses petites minutes de poésie—

©M©Dĕm.Murielle Compère-DEMarcy

 

Minute  Papillon de J.-P. LESIEUR,

A commander à Comme en poésie

2149 avenue du tour du lac

40150 HOSSEGOR

M©Dĕm. a lu et commenté pour vous : Le poète Jacques DARRAS

M©Dĕm. a lu et commenté pour vous :

Jacques Darras

Le poète Jacques DARRAS (1)

Le poète Jacques DARRAS déroule les pages du quotidien au rythme de son Verbe qu’il a tonique / tonifiant / roboratif / convaincant / salutaire (le “Verbe” non entendu ici dans sa connotation religieuse, mais dans la désignation de l’utilisation de l’outil-poème comme formateur & fondateur, participant dans sa totalité du langage-à-l’œuvre à l’écriture du Corpus).

Jacques Darras est un poète du Langage et de la Vie entremêlés, dont les mots martelés font rythme & sens / dans un discours cursif d’appui & de Souffle / dans la trame de nos vies journalières & littéraires.

Lisez Tout à coup je ne suis plus seul (roman / chanté / compté) éd. Gallimard, coll. L’Arbalète, 2006 –et vous trouverez d’emblée le ton, le style du poète dans le ryhtme éperdu et bien pesé/pensé de sa prose crusive-discursive, dans sa tonalité (re)vivifiante & chatoyante, dans le déroulé encouru de son énergie énergisante (cf. à ce propos et dans le sens littéral et littéraire L’ode au champagne in Tout à coup je ne suis plus seul : quoique à chanter / à boire / à écouter lue de la propre voix vive de l’auteur, c’est mieux !).

Le dernier livre demeure dans le rythme darrasien. Roman familial ou national, livre d’hommage rendu à son père par le poète et à sa propre lignée, Je sors enfin du Bois de la Gruerie (éd. Arfuyen, Anne & Gérard Pfister éditeurs ; in Les Cahiers d’Arfuyen, volume 214 de la collection ; Paris-Orbey, 2014) reprend tout, dans le contexte, à 1914 et est défini par l’auteur comme un Poème cursif / discursif.

Roman / chanté / compté pour tout à coup je ne suis plus seul,

Poème / cursif / discursif pour Je sors enfin du Bois de la Gruerie

On comprend ici l’importance accordée au rythme du Verbe dans l’œuvre du poète.

Il faut lire l’œuvre de Jacques Darras à voix haute.

Mieux, en “marchant le Poème”.

En le martelant au rythme de nos humeurs et de nos pas de lecteur, posé sur la route de notre quotidien, ici rehaussé par la vision poétique de Jacques Darras. Posé sur la bande roulante de nos aventures sans aventurisme de découvertes en curiosités reconduites, incessamment comme l’est l’étonnement poétique proche des étonnements frais de l’enfance. Beatnik cartésien ; voyageur sentimental ? En route sans cesse sur la road-movie des émotions et des visons levées par une écriture en marche.

Une vision poétique, dans toute l’acception du terme poétique : une vision créative & créatrice parce que révélatrice de nouveaux regards posés sur le monde ; une vision politique au sens grec du terme, une vision des faits de notre vie citoyenne ; une vision éthique.

J’inscris Jacques Darras dans la lignée de ces poètes transmetteurs, passeurs, décrypteurs, déchiffreus et traducteurs, guides dans les univers pluriels aux cheminements parfois confus suivis par nos existences citoyennes trop préoccupées par l’inessentiel, -existences en perpétuel mouvement et dont les errances naviguent trop au milieu des ombres, rarement vers la lumière, entre lucidité & compromissions, -errances aux vertus éthiques hélas souvent assombries et dénaturées par l’ignorance, la bêtise ou des ambitions d’intérêts éloignées des projets souhaitables à hauteur d’humanité (ndlr).

Poète optimiste, Européen convaincu, pacifiste, courant et discourant vite en poète / poète du roman –Jacques Darras est ce poète attachant qui nous donne à (re)trouver nos racines et nous guident vers l’à-venir de nos voyages en cours.

A lire :

-Tout à coup je ne suis plus seul, roman/chanté/compté éd. Gallimard, coll. L’Arbalète, 2006

-Je sors enfin du Bois de la Gruerie tout reprendre à 1914, poème cursif / discursif, éd. Arfuyen, 2014

M©Dĕm.

(Murielle Compère-DEMarcy)

« Prix Roland le Cordier » au poète belge Jacques Viesvil

Société des Poètes français 2014.

« Prix Roland le Cordier » au poète belge Jacques Viesvil.

viesvil

Le plaisir est grand et la joie immense pour le comité directeur de la société des Poètes français de se retrouver sur la terre de Belgique, véritable ferment et matrice d’éminents poètes, sous l’initiative et les actions démultipliées au service de la poésie de notre amie Véronique Flabat Piot.

Cette reconnaissance, si besoin était, que la société des Poètes français décerne à JacquesViesvil me va droit au cœur.

Non seulement pour l’amitié que je porte à l’homme, mais également pour ma réelle admiration du grand poète qu’il est, tout effacé qu’il soit derrière sa modestie.

Et à qui, mieux qu’à Jacques Viesvil, pouvait revenir le Prix Roland le Cordier, qui lui aussi fut toute sa vie durant un militant humaniste et humble, mais très talentueux serviteur de la poésie. Qui se demandait, mais :

« Que sont-ils devenus les faiseurs d’idéal,

Les chantres de l’amour, les aèdes, les aigles

Qui repensaient le siècle ? » (1)

Ainsi dans cet esprit des penseurs du siècle des Lumières, Roland le Cordier et Jacques Viesvil ne pouvaient un jour que faire fusion par cette rencontre informelle et par leurs engagements de vie toujours liés à l’humain et leurs passions communes pour l’acte de poésie restituant de la hauteur et de la dignité à l’homme.

La poésie de Jacques Viesvil est une semence pour le champ des consciences.

Pour notre poète, l’homme est bien cette graine qui peut encore contenir une promesse d’espoir !

Large étendard arc- en- ciel déployé à la face du monde, avec cette volonté humaniste qui a toujours flotté sur l’œuvre globale de Jacques Viesvil. Poésie, essai, théâtre, roman, sans oublier de nombreuses chansons interprétées entre autres par Paul Louka. .

Notre poète est au sens propre, un éveilleur de conscience, un passeur d’âme, un orfèvre de la rêverie.

L’aspect prophétique de l’œuvre de Jacques Viesvil fonde sur l’homme les plus hauts degrés d’espérance, malgré les terres arides de l’incertitude que la société désorientée nous fait traverser actuellement.

Il est à espérer justement que ce cri prophétique de Jacques Viesvil soit écouté du plus grand nombre et qu’il ne reste pas braise éteinte !

Autre drame évoqué par Jacques Viesvil, l’asservissement de l’homme par l’homme et son anéantissement par ses propres techniques, par l’aliénation de ses propres lois, par son besoin de pouvoir et avidité possessive, par sa propension à la guerre et à la destruction.

L’homme s’enchaine lui-même à ses inventions diaboliques, à ses systèmes, ses jeux prohibés et ironie du sort, il ose prétendre défendre la liberté, alors qu’il s’est déjà auto-crucifié sur la porte de la cupidité moutonnière.

Oui les mots clés pour situer la poésie de Jacques Viesvil sont bien «  humanisme & espérance » A l’instar de Munch, c’est un grand cri, mais un grand cri d’amour !

Car malgré les déviances, les ignorances, les cruautés aveugles et les retours préoccupants vers des obscurantistes moyenâgeux dont sont capables les hommes, notre poète demeure dans la confiance, tout en se disant quand même, que ces hommes ont besoin de réapprendre à vivre !

Les nuances d’écriture de Jacques Viesvil sont d’une rare puissance expressive, elles pénètrent directement le cœur par la force et la beauté mêlées à la dramaturgie de certaines de ses images.

« …/… sois le convoyeur de lumière

le passeur de plénitude. »

Toute son œuvre est incrustée de notes poétiques aux précieuses sonorités imagées laissant transparaître d’insolites ambiances se donnant pour mission d’élargir le champ des consciences, en rappelant aux hommes qu’il ne faut pas prendre le risque de laisser égorger l’espérance.

Jacques Viesvil porte en lui cette passion de la vie et de la poésie à son plus noble degré et nous invite à marcher sur le feu de l’esprit.

Grand amateur d’art, les peintres et sculpteurs furent toujours présents dans son œuvre et collaborèrent régulièrement aux illustrations de ses livres, je ne citerai que les plus renommés, Charles Delporte, Jean-Joseph Cherdon, Christian Hoquet, Roger Somville, Lysiane Ketsman, Salvatore Gucciardo, que les autres me pardonnent.

Ce grand poète que nous honorons bien trop modestement et humblement aujourd’hui sur ses terres noires, a toujours soutenu que la poésie est l’art premier, l’art suprême qui nous rapproche le plus à la fois de l’humaine révélation et de l’éternelle interrogation spirituelle.

Entre « l’Homme éveillé » et «  l’Homme qui souffle sur les braises »Jacques Viesvil fut toujours l’homme du renouveau et de la renaissance.

«  Si tu peux abandonner ton vieux manteau, celui des idées toutes faites, celui de la facilité. Si tu peux abandonner ton vieux manteau et mourir à ton passé, sans t’accrocher à rien, alors tu renais à toi-même. » (2)

©Michel Bénard.

  1. Roland le Cordier – D’un cœur l’autre – Nouvelle pléiade – 1991

  2. Jacques Viesvil – L’Homme qui souffle sur les braises- éditions ABM-spiritualité. 2009.

Un instant appuyé contre le vent, Lionel Jung-Allégret, éditions Al Manar.

Un instant appuyé contre le vent, Lionel Jung-Allégret,  éditions Al Manar, 2014

  • Un instant appuyé contre le vent, Lionel Jung-Allégret, éditions Al Manar, 2014

Le dernier volet de la trilogie de Lionel Jung-Allégret, Un instant appuyé contre le vent, est un long poème où alternent des versets et des vers libres qui permettent au lecteur d’unir son souffle à celui du poète.

Dès le début, en effet, des tirets signalent un dialogue. Mais ne s’agit-il pas plutôt d’un entretien avec soi-même au cours duquel le sujet énonce ses certitudes dans le bien comme dans le mal, dans la vie comme la mort :

" Je sais que le soleil meurt aussi dans l’écriture infinie de la cendre

Je sais

Plus loin que nous

Ce qui reste de la flamme d’un chemin "

Il mêle ce dont il est sûr au doute qui se trouve être son seul " repos ". Cette dépersonnalisation conjointe à l’évocation de l’absurde ne peut qu’aboutir au silence, " la seule mémoire du monde.

Mais l’ultime décision, même s’il n’y a rien au bout, est bien celle d’ " avancer " dans l’instant de la nature, avec les mots et les cris nécessaires. Même si la route aussi est entravée par nos mensonges car une partie des choses " nous échappe ". Tout, à vrai dire, est compliqué et l’oxymore sature parfois l’expression : " la pureté terrifiante d’un pays de cendre qui brûle " ou s’ouvre, dans une chute, par un espoir : " Je parle…/ De la route qui retourne à l’aube naissante " puisque dans la contradiction se fait un éternel retour des choses jusqu’ à la lumière " éclatante et douce " de la fin de l’opus.

En attendant, il s’agit de constater que le corps, le grand privilégié ici, l’emporte et son importance – il est " cette éternité inaccessible " – est récurrente dans tout le texte. Celle-ci prédomine face à la cruelle réalité du narrateur inquiet et seul depuis la mort du père qu’il généralise à d’autres " visages ", à d’autres " lèvres " et jusqu’à la parole " qui meurt " elle aussi. C’est alors que la grande question se pose au mitan du recueil puisque est mystérieuse l’identité du détenteur des mots : " A l’heure inhabitée, qui viendra dans le trouble du soir parler la langue funèbre ? "

L’expression du deuil interrompt ainsi au fur et à mesure du texte l’évocation de sentiments, de sensations ou même de souvenirs prégnants. Ceux-ci s’expriment à l’aide d’images étranges ou hallucinées : " fourmis suffocantes ", têtes d’oiseaux / des traînées sanglantes " que côtoient les notations les plus simples comme : " Une femme plie les draps blancs, les bras levés jusques au ciel ", ou bien " L’infini au matin, / posé au bout d’une épine."

Grâce à ses dons – ces images sont embellies par un travail sur les sons – le poète, comme Phoenix, se ressaisit pour parler des rites mortuaires ancestraux :

" Je connais la beauté que l’on boit à l’aurore et l’odeur funéraire de l’huile frottée sur des torses froids. " Et, à l’inverse, il procède aux rites de la vie en posant ses lèvres et en tendant ses mains. En effet il " cherche des secrets ", malgré le silence, grâce à un amour de la vie et du monde qui l’ " habite et " l’efface ".

Le poète continue donc à " avancer ". Il le fait jusqu’au bout du recueil et c’est un combat à partir d’ " un ordre qui l’ordonne ". L’important est alors de bouger, brûler, et de se souvenir même si cette marche se fait dans une ignorance et une solitude sans espoir et qu’il faut accepter de boire la lie jusqu’au bout. Aussi peut-on lire à côté du vers : " l’éternité est une violence qui ne propose rien " ce vers de la page suivante : " Aller au bout de cette vie vacillante clouée dans la vieillesse ". Un lien fusionnel, avec la nature, " presque tellurique ", d’après Lionel Jung-Allégret lui-même, a permis à l’écrivain inspiré d’affirmer malgré ses doutes : " Je veux écrire le mot terre dans la terre avec ma peur… "

C’est cette force puisée dans la nature qui lui donne un certain pouvoir et laisse sa voix pallier l’angoisse de la mort présente. Pour finir, l’homme, dont on a compris le désespoir, trouve ici sa rédemption dans une écriture clairvoyante et tournée vers la lumière.

©France Burghelle Rey

Le N°72 de Traversées!

Traversées n°72  juin 2014

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sommaire n°72

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