Paul de Brancion – CONCESSIONS CHINOISES – (Ed. LansKine – Cll. « L’instantané ») illustré de photographies de l’auteur.

Chronique de Xavier Bordes

Paul de Brancion – CONCESSIONS CHINOISES – (Ed. LansKine – Cll. « L’instantané ») illustré de photographies de l’auteur.


Ce recueil de poèmes relativement inhabituels est un voyage, auquel Paul de Brancion, étonnant voyageur dont j’avoue à ma grande honte que je ne sais rien, nous introduit par une phrase qui est tout son programme : « Nous sommes tous chasseurs des moments sacrés de la vie ». Cette entame, pour un parcours à la fois simple et cultivé, savant, à travers la Chine contemporaine, poétiquement décrite par métonymie, pour ainsi dire, en saisissant, au cours d’environ 70 pages d’une sorte de relation-reportage (l’auteur lui-même déclare à un moment, p.24, « ça tourne au reportage ») poème après poème des lieux symboliques et des sites marquants, selon un point de vue d’une sagesse et d’une humanité claires, réalistes, dénuées de mièvrerie ou de « touristicisme ». Ces poèmes m’ont fait l’effet d’une peinture rafraîchissante, intuitive, qui résume en des traits vifs et concis, la société chinoise moderne. Comment expliquer qu’à travers quelques vers économes, le livre nous transmette une ambiance, une culture, une compréhension des choses très nette, sans verbiage, au sujet de ce vieux pays redevenu « neuf ». Le regard porté est juste, éthique. Et le reportage est constamment à texture poétique, réfléchie, imagée, alors même qu’il nous raconte une Chine dont l’orient est dans son fonctionnement et ses ambitions, manifestement occidentalisée. D’où le jeu de mots sur « concessions » dans le titre. Bref, pour comprendre ce que je voudrais ici transmettre, aucune autre solution que de lire cette suite de poèmes originaux, aisée à traverser, riche de toutes sortes de notations pénétrantes. Une sorte d’objet littéraire non-identifié qui mérite amplement la curiosité, à mon sens, et que l’on ne quitte que songeur…

©Xavier Bordes – Mai 2017.

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