Jean-Luc WAUTHIER nous a quittés…

Jean-Luc Wauthier
Jean-Luc Wauthier

Les plus grands poètes sont ceux qui vont jusqu’au bout d’eux-mêmes. C’est ce qu’a fait durant toute sa vie Jean-Luc WAUTHIER, cet auteur au chant de haut vol qui devait malheureusement s’éteindre en mars dernier, à Sart-en-Fagne, à l’âge de 64 ans.

À côté de son œuvre abondante embrassant avec un égal bonheur le roman, la nouvelle, l’essai, y compris des centaines d’articles, de conférences ou de textes de présentations qui lui auront permis de mettre en relief toute la richesse de notre littérature, cet ancien président du centre belge de l’Association des Critiques Littéraires se dépensait sans compter dans diverses autres instances culturelles telles que la Maison internationale de la Poésie, l’Association des Écrivains belges de langue française ou encore « Le Journal des Poètes » dont il assumait le poste de rédacteur en chef.

Membre du Fonds national de la littérature depuis de nombreuses années déjà, il était titulaire, entre autres, des Prix de la Ville de Charleroi (1975), Nicole Houssa (1976) et Émile POLAK (1986) de l’Académie, ainsi que Lucian BLAGA, décerné en 1998 par le Centre Culturel Roumain pour l’ensemble de son œuvre.

Vigneron et musicien dans l’âme, il savait tirer parti des caractéristiques de ses centres d’intérêt pour les appliquer en humble artisan qu’il était au niveau de son écriture, toujours délicate, souvent raffinée, mais sans excès, considérant celle-ci à la fois comme une nécessité intérieure et, pour reprendre une formule de S. Fumet, qu’il citait volontiers, « une faille dans la satisfaction de soi ».

Après avoir brillamment terminé sa carrière professionnelle en tant que professeur de littérature à la Haute École Paul-Henri SPAAK, il venait de publier l’an dernier un roman, « Les tablettes d’Oxford » et un nouveau recueil de poèmes : « Sur les aiguilles du Temps ».

Aujourd’hui comme demain, nous n’entendrons plus sa voix enjouée, mais celle, infiniment moderne, de la musique de ses vers, elle, continuera encore pendant longtemps, c’est certain, de nous interpeler.

L.S.

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