Gérard Cléry, Roman de l’île, D’autres univers

Chronique de Francis Chenot

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Gérard Cléry, Roman de l’île, D’autres univers, avril 2014, 14,5 x 20,5 cm, 64 pages.

Quatre parties dans ce recueil au titre insolite, du moins en apparence, comme autant de chapitres d’un roman qui n’aurait d’autre mesure d’unité que le lieu mais serait d’abord poésie, et de haute volée.

Une île. En Bretagne où vit aujourd’hui Gérard Cléry ? Au large de l’Espagne comme pourraient le suggérer des bouts de phrases en castillan ? Ou cet exergue de Blas de Otero,

« Aqui ne se salva ni dios, lo asesinaron » : « Ici même dieu ne se sauve, on l’a assassiné ».

Mais qu’importe. Une île avec ses gens, ses

« pêcheurs n’aimant rien tant que le silence », les femmes, les enfants…

Une île où

« le paysage s’enroue nul sous l’impérieux balai de la pluie ».

Une île où

« l’angoisse de la mort pose des pierres sur l’horizon / édifie l’autre rivage » : « Ici l’espace déchiré perd l’espace se délite dans la page »

du poème. Dans cette île où

« margelle du refus // insonore village // sous l’aisselle des voiles / le vent se coagule » : « il avait plu dans la journée // sans doute était-ce le signal // mais qui s’en souvenait ».

Et pour en terminer, provisoirement sans doute,

« un jour quelqu’un se souviendra / qu’ils allumaient leur cigarette / aux étoiles ».

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