Rome Deguergue, À bout de rouge, Schena et Alain Baudry et Cie, 2014, « Biblioteca della Ricerca », section « Écritures », n. 8, 2014, 40 p.

Chronique de Michèle DUCLOS

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Rome Deguergue, À bout de rouge, Schena et Alain Baudry et Cie, 2014, « Biblioteca della Ricerca », section « Écritures », n. 8, 2014, 40 p.

Défini par l’auteure comme « Pièce de Théâtre en un seul acte pour trois personnages principaux : le récitant R, deux comédiens Y et Z formant le trio RYZ et quatre personnages féminins + un chat roux », À Bout de Rouge est un texte époustouflant, renversant et passionnant où l’on est pris dans un délire, un déluge verbal planifié où les sons, les signifiants prennent le pouvoir. Le langage en folie mais contrôlé. Les mots s’attirent indépendamment du contexte comme chez Ionesco (Sully / Prudhomme) ou dans dada (Apollinaire, Les Mamelles de Tirésias). L’effet dépend du rythme autant que des sons voire des cris, un rythme endiablé comme chez Offenbach (qu’appréciait Levi-Strauss). Il faut un public évolué pour se prendre à ce dé-lire et jouer le jeu.

Mots clés : Mise en abyme – polysémie – intuité (quesaco ?), didascalies rouges… Ancêtres plus ou moins lointains : Pirandello, Ionesco (absurdité) Maldoror, dada, Jarry (Pologne), Corneille (Marquise), Laurel et Hardy pour les couvre-chefs plutôt que Pozzi et Borgo en fin de com/te, Yaveh et Bouddha, le cerisier Nô, non mais le chat d’où il vient le chat ? Pas du Chat Noir ? L’imagination déchainée mais pas surréaliste pour un chat. D’abord Breton aimait-il les chats ? « Texte pour DIRE ou simplement pour LIRE ? ». Les deux, bien sûr.

Ma réaction, emportée par tout ce flot qui libère : Bizarre. Biz Art ? Bises Arrhes. DIRLIRE ? DELIRE ? That is the real question. LIRE et écouter ou DIRE et regarder. Au chouat.

©Michèle Duclos

Angliciste, traductrice

Université Bordeaux-Montaigne

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