Collectif, Anthologie de la poésie chinoise, sous la direction de Rémi Mathieu, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2015

Chine

  • Collectif, Anthologie de la poésie chinoise, sous la direction de Rémi Mathieu, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, 2015

Contrairement à ce qu’on pense souvent, la poésie chinoise est assimilable par tout lecteur occidental et lui permet de comprendre la puissance du discours poétique. Contrecarrer la doxa idéologique des pouvoirs fut le but des mouvements tels que « Bawu Yudong » qui ont marqué l’essor de pratiques expérimentales et ont dépassé Shangai ou Pékin pour se répandre dans toutes les provinces puis hors frontière.

Dès la dynastie Zhou, les poètes chinois n’ont cessé d’innover comme le prouve cette anthologie. Ils conjuguent abstraction, figuration, panthéisme et critique. La poésie chinoise n’échappe jamais (ou presque) à l’intertextualité politique. L’individu et la foule y sont convoqués afin d’être rehaussés face aux pouvoirs qui les annihilent. Le combat n’est pas simple.

Il est difficile à une super structure (l’art) de vivre en apnée face à l’infrastructure politico-économique. Il fallut et il faut aux poètes chinois bien du courage pour imposer leur tyrannie du lyrisme face à l’emprise économique et politique. C’est sans doute pourquoi certains « maîtres » (Mao en tête) se piquèrent de taquiner la muse.

Mais les poètes radicaux devant tant d’impostures et pour imposer leur voix ont préféré l’anonymat afin de se soustraire à l’intertextualité idéologique des puissants. La provocation en fait partie, elle est même inhérente à bien des poètes des dynasties des Tang et des Yuan comme à ceux de la Chine d’aujourd’hui.

©Jean-Paul Gavard-Perret

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