Les lectures d’avril de Patrick Joquel

 

 

Poésie

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Titre : Tissages

Auteur : Maria Desmée

Illustrations : Maria Desmée

Editeur : Soc et Foc

ISBN : 978-2-912360-90-8

Année de parution : 2014

Prix : €12

Un magnifique objet. Coloré. Les images marient leurs gestes et leurs couleurs sous des tracés de fil, de dentelles, de trames : le regard entre dans un songe incertain. Suivre ou perdre le fil…

Quelques mots en regard accompagnent la méditation de la créatrice. Offrent une ligne au rêveur. Une piste. Un fil. Comme une vie.

400 exemplaires seulement pour une telle merveille, n’hésitez pas. offrez-vous un peu de beauté.

J’aimerais voir en expo les originaux de ces œuvres.

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indexTitre : 30

Auteur : Colette Andriot, Michel Baglin, Marc Baron, Paul Bergèse, Gilles Brulet, Alain Boudet, Luce Guilbaud, Michel Lautru, Jean-Claude Touzeil et Liska.

Gravures de Titi Bergèse

Editeur : Printemps poétique de la Suze sur Sarthe

Livre d’artiste à 30 ex.

Année de parution : 2014

Trente ans qu’à la Suze sur Sarthe le printemps est une réalité poétique dans la ville, les écoles et pour les poètes. Avec son promenoir : des livres de poémes qui circulent, les éditions Donner à Voir, voici une ville qui mérite bien le label ville en poésie.

Une petite anthologie donc de poèmes à cette occasion d’anniversaire avec des gravures de Titi Bergèse et une gravure originale réalisée sur le salon en temps réel. Un petit objet qui ne sert à rien d’autre qu’au plaisir et au témoignage. Un bel objet.

Avec des mots tout simples et qui tournent autour de ce « pas pareil » qu’est la poésie, comme le dit Jean-Claude. Au fil des pages on trouve quelques éclairages sur cet autre chose… « Une écriture sur le silence » Colette Andriot. « un chant » Michel Baglin et Michel Lautru. « on peut vivre de ce qui est beau »Marc Baron. Jeux de langue et de sons façon Paul Bergèse. Comme une explication du monde propose Gilles Brulet. Un rêve, celui d’Alain Boudet. Une rencontre avec Luce Guilbaud. Amour chez Liska.

Et on pourrait encore en ajouter tant la poésie agit comme un prisme.

Souhaitons qu’à la Suze le chemin poétique se prolonge encore longtemps car ici comme ailleurs on a besoin de cette ouverture pour respirer.

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imagesTitre : Chemin des poètes 2 014

Auteur anthologie

Editeur : Le printemps de Durcet

Année de parution : 2014

Prix : 5€

Le printemps poétique à Durcet, village en poésie, ça commence en 1986… et depuis chaque printemps ce petit village de moins de trois cents habitants devient le temps d’un week end Capitale de la poésie.

Depuis 2005 la création d’un chemin des poètes permet aux randonneurs de découvrir quatorze poèmes, installés sur autant de bornes le long du chemin de randonnée. L’inauguration se tient le jour du printemps de Durcet, en avril, avec un petit salon du livre et la présence des poètes présents sur le chemin, d’autres poètes et des éditeurs.

Chaque année une anthologie permet de rassembler les poèmes du chemin, histoire de les emporter après la ballade ou de les donner à lire à ceux qui sont loin du chemin.

On y retrouve cette année des poètes anciens, des poètes actuels de la région et de toute la France, deux poèmes d’une classe maternelle de Flers aussi. C’est éclectique, joyeux, simple.

Des aventures comme celle-ci, on en voudrait dans toutes les régions !

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indexTitre : Haïku qui rit

Auteur Paul Bergèse/Jean-Michel Delambre

Illustrations : Delambre

Editeur : Editions Henry

ISBN : 978-2-364-69070-7

Année de parution : 2014

Prix : €12

Un bouquet de haïkus réalisés par quatre mains. Un joli mélange, simple et lumineux. Comme les aquarelles qui les accompagnent.

On se penche ici sur le tout petit, le tout discret, ces petits riens qui embellissent la journée dès qu’on les aperçoit.

Il est bon que des livres comme celui-ci nous rappellent leur existence.

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indexTitre : Vers les riveraines

Auteur Alain Freixe

Editeur : l’Amourier

ISBN : 978-2-915120-90-5

Année de parution : 2013

Prix : €13.50

Le livre s’ouvre sur des échappées réfractaires. L’enjeu du poème est là : permettre l’échappée belle au scripteur autant qu’au lecteur. Le mot fracture les murs qui nous retiennent et donnent un zeste de lumière, une ouverture. On peut à nouveau respirer. Et parler des morts (c’est la seconde partie du livre). « Nous marchons sur des phrases » et parmi des paysages ruinés. Plusieurs textes ici tournent ainsi autour de la perte, des traces qu’ont abandonnées à l’espace des hommes d’un temps antérieur au nôtre. Le présent se promène ainsi, presqu’à tâtons, dans ses lambeaux brisés de noir où bien souvent « personne n’est là pour lever les yeux ».

Une troisième partie s’intitule Porter le temps. Tenter d’avancer. On sait vers quoi mais avant d’arriver au port noir, la lumière est possible. Par l’écriture et la marche. Dans les lumières et les brumes des montagnes ou des étangs. Là, dans ces envolées l’homme parfois aperçoit ce que l’homme avait cru voir. Ce pari sur ce que Freixe nomme « la dorveille », ce pari fou de vivre et de tenter le musement, ce pari, on le sait, s’achemine vers « les jours noirs ».

Comment portez-vous le temps qui vous porte ?

Nos mains retournent à la solitude des poches.

invente donc

sans y croire

ce qui embellit

le gris du jour

©Patrick Joquel

www.patrick-joquel.com

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