Les heureux

Xavier Bordes

 

Les heureux

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Que feraient de poèmes les peuples heureux !

Pour eux l’aube ne traîne pas de linceul sur le

le cadavre cyanosé des montagnes La cloche obstinée

n’est pas pesante comme un glas lorsque au soir

la procession des arbres s’achemine au long des routes

pour suivre la nuit en ses fins voiles de veuve

lorsqu’elle va sous une voûte aux mille cierges

assister en pleurant à l’enterrement solennel du soleil

.

Les heureux ! Ils n’ont pas besoin d’apprivoiser leur vie

Autour d’eux les sentiers ne sont jamais barrés de ronces

Quelle orientation qu’ils choisissent le nord s’y rallie

Le vent pour eux est alizé – toujours dans le bon sens

Il ne rebrousse pas mais glisse en caresses d’argent

sur les arbres fourchus dont les feuilles – ces Danaés –

tendent les mains vers les cieux d’où pleuvent

mille pétales de lumière tout au…

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