Jacques-François Dussottier : « Ô Femme. » éditions les Poètes français 2012 (couverture quadri – 67 pages.)

Dussotier Jacques François

Jacques-François Dussottier : « Ô Femme. » éditions les Poètes français 2012 (couverture quadri – 67 pages.)

« Ô Femme » ! L’auteur Jacques-François Dussottier n’en est pas à son coup d’essai, déjà il nous a érigé des temples, des autels lumineux et précieux en hommage à la «  Femme » portant haut son verbe comme un sacrifice à la gloire de l’Amour, quête permanente autant qu’utopie de l’homme.

« POESIE !

Sous mes doigts, tu deviens femme,

La chair de mon texte… »

Car entre le rêve et le réel la barrière est bien fragile, parfois imperceptible et vulnérable.

Simple, incisif, incontournable, bref, concis, le titre «  Ô Femme » est des plus évocateurs, il nous révèle déjà l’essentiel et nous en restitue les intimes saveurs.

C’est avant tout un vent de liberté qui souffle entre les pages de ce recueil.

L’auteur y laisse courir sa plume au fil de l’esprit, au rythme du ressenti, aux pulsions du cœur et de sa sensibilité intuitive.

« J’écris pour les femmes à perte d’encre… »

Le poète ici se livre entièrement, pas de fausses pudeurs, les mots sont dits avec justesse, simplicité, les sentiments y sont évoqués, la femme cette éternelle première, défiée !

Oser se confier à la page blanche, lui susurrer les pensées nuancées de l’intime, c’est déjà dispenser de l’amour.

« Ma Muse, je n’irai pas cette nuit

Rêver dans les étoiles

Car je t’attends dans mon poème. »

Sans doute est-ce dans la solitude et la délivrance que l’homme transpose ses plus beaux poèmes d’amour. Mystérieuse métaphore, singulière parabole !

Il est parfois nécessaire de monter sur le pont de la mémoire et de repartir en pèlerinage visiter les stèles de ses amours, filles des îles lointaines.

Jacques-François Dussottier compose ses poèmes d’amour comme une gerbe florale aux mille couleurs imagées.

Si nous nous laissons aller à notre imaginaire, il se peut que nous puissions y subtiliser quelques effluves charnels.

«…/…ventre de braise fougueuse,

faille de fauve moiteur

ton odeur m’enlace en des arômes fous. »

Par la subjectivité de la beauté il fait de nous des mendiants de l’amour, de pèlerins assoiffés de tendresse.

Naturellement il joue avec de remarquables parades au féminin, il caresse l’intimité du souvenir que l’on voudrait conserver dans l’herbier de nos amours.

Le poète se risque au surpassement, il tente une transgression et transfiguration des lois de l’amour.

Oui, en effet l’amour peut devenir un fabuleux voyage, mais également une terrifiante expédition, oscillant de l’exaltation incontrôlée à la désespérance la plus déchirante.

« J’irai rejoindre une autre déchirure

Car j’ai rendez-vous avec le reste de ma vie. »

La Femme, celle que le poète imagine, celle qu’il idéalise mais qui jamais ne viendra ou ne saura combler les vides de nos nuits, demeure éternellement le symbole d’un mythe inaccessible.

Il y a dans ce culte de l’Amour composé patiemment mot après mot, une forme de sacralisation, un sentiment d’éternité et de sublime fragilité.

©Michel Bénard.

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