David Toscana

L’armée illuminée, David TOSCANA, Zulma, 2012, 277p. Parlons-en de cette armée ! Cinq adolescents quelque peu allumés, simples d’esprit, bref des « illuminés », commandés par un marathonien désabusé, se prennent pour Don Quichotte. Pour Matus, professeur à Monterrey (Mexique), renvoyé pour ses idées anti-américaines, les Etats-Unis sont l’ennemi à abattre. Il est nécessaire de « prendre les armes pour défendre le pays contre une bande de barbares qui habitent au nord de Rio Bravo ».
A chaque page, l’humour, le désarroi et l’incompréhension se côtoient sans cesse. Leur combat n’est-il pas perdu d’avance, voué à l’échec ? David TOSCANA nous montre par son roman qu’il vaut mieux avoir un idéal, même si la lutte est inégale, même s’il faut se battre contre des moulins à vent. L’important est de croire en ses rêves, d’aller jusqu’au bout de ses illusions.
Alors que le « général » Matus s’attendait à lever une véritable armée, seuls cinq jeunes ados se rallient à sa cause. Tout peut prêter à rire mais qui s’en moque réellement : le but de leur expédition ; leur moyen de transport : une charrette tirée par une mule ; le drapeau mexicain retravaillé (l’aigle tenant en son bec un serpent est remplacé par un poussin mordant dans un ver de terre) ; le pseudo-franchissement du Rio Bravo ; l’attaque déréglée contre une armée organisée…
Ici, tout est absurde. Toutes les guerres aussi, où l’on envoie au feu des jeunes gens qui ont à peine terminé leurs études.
Chacun de nous n’a-t-il pas en lui ce désir inavoué d’atteindre des sommets inaccessibles, mais aussi de garder à tout prix sa part d’enfance ?
David TOSCANA nous livre dans L’armée illuminée un livre fort, mais dérangeant, où – à travers le ressentiment du peuple mexicain d’avoir été spolié par l’envahisseur américain – il est important de se battre pour faire émerger ses propres idées.
Un roman philosophique en somme !

Patrice BRENO – Virton, le 27 janvier 2012

Publicités

Un commentaire sur “David Toscana

  1. Belle chronique qui donne à réfléchir sur la difficulté souvent de se mobiliser pour une cause que d’aucun se plaisent à nous décrire désespérée, tant l’horizon semble bouché. J’imagine que ce livre se nourrit d’humour et de tendresse pour ces Don Quichotte de la vie qui sont à peine sortis de l’enfance. Merci Patrice.

    J'aime

Les commentaires sont fermés.