Petite grammaire en revues par Francis Chenot

Quand deux poètes se rencontrent, c’est, généralement, pour dire du mal d’un troisième. Quand trois poètes se rencontrent, c’est, le plus souvent, pour fonder une revue. C’est ainsi que l’éphémère Asphalte (cinq numéros) est née de la rencontre – à Paris ! – de trois poètes habitant la région hutoise : Christian Hubin, Francis Tessa et moi-même. (Trois poètes aussi à l’origine du Fram : Serge Delaive, Karel Logist et Carl Norac.) À cette lointaine époque, les revues de poésie pullulaient, c’était le temps où les revues se ronéotaient ou se ronéotypaient, il suffisait alors d’avoir accès à une ronéo pour exister. De modestes tirages : deux, trois cents exemplaires, que l’on écoulait, par abonnement, en sollicitant parents, amis… et d’autres poètes en quête de publication. Ce fut le cas du Briolet ou des premiers numéros de Vérités (l’ancêtre de l’Arbre à paroles). Comme les textes étaient tapés à la machine (d’antiques et robustes Olympia ou Remington), on poussait le soin jusqu’à justifier en répartissant les blancs.

Si on en avait les moyens  financiers (ce qui pouvait  arriver… en y allant de sa poche ou en bénéficiant  de quelque  maigre subvention), l’on s’adressait alors à un imprimeur typographe qui assurait mise en pages et impression. Avec le développement de l’informatique, les choses ont bien changé. Tout un chacun, avec quelques logiciels, peut, à partir de son ordinateur, créer sa propre publication  et remettre un simple CD à l’imprimeur de son choix qui n’a donc plus de rôle créatif. En moins d’un demi-siècle, on est ainsi passé de l’artisanat et de la typographie (que pratique toujours le poète-imprimeur Jacques Brémond ou que pratiquait, naguère, le Tétras-Lyre de Marc Imberechts) à un «produit» plus compétitif sans doute, mais très certainement moins soigné, moins fini. Celles et ceux qui assument composition et montage (parfois, avec talent, n’est-ce pas, Karin ?) ont ainsi pris le relais des linotypistes et typographes.

Les considérations qui vont suivre, à prendre comme de simples suggestions, des pistes de travail, se fondent sur divers acquis. Et, tout d’abord, une longue fréquentation de nos meilleurs grammairiens et linguistes : Maurice Grevisse, André Goosse, Louis Dupont (alias le poète Louis Daubier), Albert Doppagne (tous Belges, comme par hasard, on y ajoutera, pour dissiper le soupçon de chauvinisme, le Français René Thimonnier mais on évitera le farfelu Albert Dauzat)… Ensuite, une longue pratique du boulot de correcteur, s’appuyant sur les grammairiens précités et les fréquents recours aux différents dictionnaires.

Enfin, une expérience en revues de plus de quarante ans, avec le Briolet, Asphalte, Vérités, l’Arbre à paroles… sans oublier Une autre chanson qui, pendant vingt-huit années, a défendu ce que le regretté Jean Ferrat nommait la chanson artisanale par opposition à la chanson industrielle et formatée, de grande consommation, ce qu’à Barjac on appelle chanson de parole. Ce qui nous ramène indirectement  à l’Arbre à paroles. Un titre qui s’est imposé – comme c’est souvent le cas – dans de longues et fumeuses discussions nocturnes où Pierre Ergo, né au Congo, avait évoqué l’arbre à palabres de la tradition africaine. Par un curieux paradoxe. En effet, nous avions éprouvé le besoin d’un nouveau titre après avoir appris l’existence d’une publication intitulée Vérités qui était le fait de nostalgiques de la colonisation belge au Congo !

Avoir du caractère

En fait, et nous aurions peut-être dû commencer par là, c’est après moult hésitations et tâtonnements que nous avons adopté le Garamond et ses variantes : italique, gras, demi-gras… Le premier souci de qui lance une revue ou une nouvelle formule, devrait être le choix d’un caractère. Reconnaissons qu’il y a un réel plaisir, quasi enfantin, à jouer avec les différentes polices de caractères et nous y avons succombé dans les premiers numéros d’Asphalte., et les délicieuses Traces de Michel-François Lavaur persistent dans cette voie. Mais cela ne fait ni sérieux et, moins encore, professionnel. On choisit une police de caractères (c’est la seule qui ne nous soit pas imposée) et l’on s’y  tient, même si l’on peut avoir accès, sur un ordinateur, à une extrême diversité de polices. L’idéal serait, comme dans certains journaux, de pouvoir disposer de sa propre police imaginée par un graphiste de talent.

Nos préférences vont à des caractères dépouillés, voire austères comme le Times utilisé pour Une autre chanson. Le Times New Roman en est une forme moins revêche, mais trop passe-partout. Le Bodoni a davantage de classe. L’Helvetica n’est pas dépourvu de qualités, sa lisibilité notamment, mais il chasse considérablement. Pour l’Arbre à paroles, nous l’avons dit, le Garamond a fini par s’imposer. Plus exactement, l’Adobe Garamond que propose le logiciel de montage Adobe sur Macintosh. Tant pour les titres que pour les textes et les notes éventuelles où nous nous en sommes tenus à une gamme qui va du corps 14 au corps 8. Une gamme suffisamment étendue. D’autant que le logiciel de montage ne propose pas que la grasse et l’italique, mais aussi de la demi-grasse et de la petite capitale. En outre, il y a moyen d’ombrer la grasse. Encore convient-il d’utiliser toutes ces possibilités à bon escient…

Forme et contenu

L’autre choix de départ concerne, bien sûr, le format (et, comme dans l’histoire de l’œuf et de la poule, on ne sait lequel précède l’autre). Du temps de la ronéo, on pouvait se contenter de l’A 4 ou du demi-A 4 qui ne manque pas d’une certaine élégance (ainsi le premier Briolet).  Des revues comme l’Inédit nouveau de l’infatigable Paul Van Melle et le Non-Dit de Michel Joiret ou, en France, les Encres vives de Michel Cosem et les Pages insulaires de Jean-Michel Bongiraud pratiquent toujours cet A 4 qui présente le grave inconvénient de ne pas trouver place dans une bibliothèque. Et ne parlons pas de publications comme le Journal des poètes qu’il nous est arrivé de confondre avec un journal publicitaire… Par contre, le demi A 4 – celui du premier Briolet, celui du Spantole qui a heureusement survécu à la disparition de Roger Foulon ou celui de Traversées de Patrice Breno (repensée par Jacques Cornerotte, la revue virtonnaise ne manque pas d’allure) – a une élégance naturelle.

Un nombre de pages conséquent permet le format livre (avec numéro, titre et thème sur la tranche) et offre une certaine pérennité à une revue qui trouvera tout naturellement place à côté d’autres ouvrages que l’on peut aisément consulter dans les rayons d’une bibliothèque. Variante, des cahiers réunis sous une jaquette : Langue vive ou, naguère, la Boîte à poèmes. Dans cette catégorie, de belles revues françaises comme Décharge, Diérèse, Friches, les Hommes sans épaules, Poésie sur Seine ou le Cri d’os du regretté Simonomis. C’est un truisme de rappeler qu’une revue de poésie est d’abord consacrée à la… poésie. Celle-ci doit tout naturellement y trouver la première place. La poésie et ce qui l’entoure : analyses, essais, commentaires, recensions de recueils et de revues…

Ouvrons ici une parenthèse à ce propos. La chronique des revues est chose malaisée. Cela tient au rythme de parution : la plupart sont trimestrielles, certaines semestrielles comme l’helvète Revue des belles lettres (ou, plus rebelle, RBL), d’autres enfin sont annuelles comme Liaisons qui, comme le suggère le titre, s’efforce de développer les rapports entre pays de la francophonie, ou Concerto pour marées et silence, l’excellente revue de Colette Klein. Ce qui entraîne forcément une distorsion temporelle entre le moment de leur parution et celui de la chronique. Alors, que faire ? Comme certains, une simple énumération des revues reçues, ce qui n’est jamais qu’une forme – à peine polie – d’accusé de réception ? Nous pensons qu’il est préférable de consacrer, quand il y a place, un article à telle ou telle revue à l’occasion, par exemple, d’un anniversaire, ainsi le Cent d’encre d’Arpa.

Rubriques et respirations

Certes, une revue de poésie peut être une sorte d’anthologie permanente. Formule dont l’intérêt s’use rapidement. Au contraire des thématiques qui peuvent s’articuler autour d’une idée-force, autour de l’œuvre d’un poète (Éric Brogniet, Yves Namur, André Schmitz, Jacques Simonomis ou Georges Thinès), de la littérature d’un pays ou d’une région (des Voix argentines, le Québec, les Poètes catalans ou la poésie albanaise et celle du Kosovo, à l’Arbre à paroles)… Dans cette optique, il nous semble que, pour faire entendre la musique de la langue étrangère, il est bien de publier au moins un texte dans sa version originale. L’albanais, certes, va demeurer mystérieux, mais les langues sœurs – espagnol, italien, portugais – permettent de présenter les poèmes en juxta (italique pour l’original, romain pour la version française).

Ces thématiques demandent à trouver leur rythme, une respiration, un ordre affectif ou logique.L’on peut opter soit pour l’ordre alphabétique, le plus simple des choix, préférer l’ordre chronologique des dates de naissance des auteurs retenus lorsqu’il s’agit d’un panorama ou du survol d’une littérature étrangère (ainsi le numéro Poezi shqiptare de l’Arbre à paroles consacré à la poésie albanaise), soit ordonner textes et auteurs selon les affinités.

L’éventail des possibilités est large, il suffit d’être attentif aux bruits du monde. Cela pour le corps de la revue. La thématique peut prendre les deux tiers ou les trois quarts de l’ensemble. Le reste accueillant les rubriques indispensables, les notes de lecture, notamment. Il importe aussi de faire place, quand c’est possible, à de petits ensembles poétiques remarquables (les Médaillons de l’Arbre à paroles) et à des voix nouvelles (nos Effleurescences).

Une revue de poésie se doit de trouver une respiration. À travers des rubriques clairement définies, nous venons d’en parler. Mais aussi dans sa présentation. Si la couverture doit être aisément identifiable, il la faut à chaque fois différente. Comment ? Les arts entretiennent entre eux des relations multiples et complexes. Certaines privilégiées. Ainsi entre la poésie et les arts graphiques (on reste dans l’écriture) : peinture et dessin, en particulier. En couverture, l’on s’efforcera d’avoir une illustration en couleurs. À l’intérieur, la couleur est coûteuse, mais le noir et blanc est accessible, avec un rendu plus que satisfaisant s’il s’agit d’illustrations au trait. On pensera de même à un éditorial qui peut figurer en début de numéro ou, comme dans l’Arbre à paroles, en quatrième de couverture. Celui-ci sert d’introduction à la matière du numéro.

Du titre à la signature

Il existe diverses manières de concevoir un titre. Et cela d’autant plus qu’un titre d’article ou de poème n’est pas un titre de livre ou de journal.  On peut, toutefois, s’efforcer de les unifier. Comment ? Par le recours à l’italique, à l’exclusion de tout autre formulation (notamment l’utilisation de guillemets cernant les différents éléments du titre, ce qui n’en reste pas moins une façon correcte). À la suite des linguistes les plus en pointe, nous nous contenterons d’une majuscule pour le premier mot quel qu’il soit (article, nom, verbe…) et, cela va de soi, pour les noms propres. Ainsi, Le voyage en Icarie, d’Étienne Cabet. On peut aussi affiner, comme certains – plus rares, il est vrai – le préconisent, en laissant la minuscule à l’article pour conférer la majuscule au premier mot qui le suit. Ce qui donne alors le Voyage en Icarie ou… l’Arbre à paroles.

Les  titres des journaux font exception qui conservent les majuscules : Le Monde, Le Figaro, L’Humanité, Le Soir, La Libre Belgique, La Dernière Heure… Mais là encore on peut affiner, alléger en quelque sorte : le Monde, le Figaro, l’Humanité, le Soir, la Libre Belgique, la Dernière Heure… Ou, plus affectivement, l’Huma et la Libre… ou le DR quand le Drapeau Rouge existait. De manière plus légère encore, on écrira le Soir, la Libre, le DR… sauf en cas d’élision : ainsi l’Arbre à paroles ou l’Estracelle. Ce qui vaut pour l’article défini ne joue pas pour l’indéfini  et l’on dira Une autre chanson. Enfin, sous-question impertinente (et donc pertinente !) : comment citer un titre dans un titre. Deux manières.  Utiliser le romain pour le titre cité. Ou, ce qui est tout aussi correct, utiliser les guillemets. Exemple : À propos de l’Arbre à paroles. Ou À propos de «l’Arbre à paroles».

Et puisque nous en sommes à parler des guillemets, risquons-nous à suggérer de les utiliser sans espaces, en passant par le 7 du clavier Mac, ce qui permet d’éviter bien des déboires : débordements, mauvaises coupures, fermeture des guillemets qui se fait en début de ligne suivante… On retiendra l’usage des guillemets pour les citations (nous allons en parler) et pour la mise en évidence – en romain, cette fois – d’un mot, plutôt que l’italique, la grasse qui fait tache ou la capitale qui fait tract. Notons au passage qu’un long article sera plus lisible avec des intertitres (pour lesquels la grasse est recommandée).

Pour les textes, on va préférer la justification, mais, plutôt que l’alinéa que propose le clavier, l’on aura recours, en tête de paragraphe, à un espace plus court (neuf points à l’Arbre à paroles). Il y a aussi la possibilité pour certains textes courts (servant, par exemple, d’introduction à un dossier) de les mettre en drapeau : formule aérée qui présente l’inconvénient de «bouffer» de l’espace. En ce qui concerne la signature des articles ou des poèmes, nous nous permettrons de recommander la petite capitale pour le patronyme. Quand il s’agit d’un poème qui n’occupe qu’une page, le nom de l’auteur figurera en grasse avant le titre. S’il prend plusieurs pages, la signature s’impose.

Citations à l’ordre du jour

Dans les analyses, les essais, les recensions de recueils, il est fréquent et tout à fait normal, et nécessaire, pour illustrer le propos, de citer des extraits de l’œuvre ou du livre dont on parle. Nous serions tenté de dire qu’il y a un art de la citation, à tout le moins une manière élégante. Il suffit de respecter quelques règles évidentes… lorsqu’on les connaît. Pour ce qui est des titres, on se reportera au chapitre précédent. Pour les citations d’extraits, il faut distinguer entre ce qui est cité dans la phrase même et ce que l’on cite après le double point. De toute manière, on utilisera l’italique (sans espace, comme expliqué plus haut) et les guillemets. Dans la première hypothèse, pas de problème.

Ou cela se complique c’est après les deux points quand cela devient un problème de ponctuation que beaucoup – y compris un journal aussi sérieux que le Monde – ne semblent nullement ressentir.  Pourtant la règle est, en définitive, simple et parfaitement logique. Essayons de la formuler de la façon la plus claire. Quand cet extrait ne reprend qu’une phrase ou un bout de phrase, le point final intervient après la fermeture des guillemets. Exception : si l’extrait se termine par un point d’interrogation ou d’exclamation, pas de point après les guillemets. Par ailleurs, si l’extrait cité contient plusieurs propositions, le point final tombe avant la fermeture des guillemets.

Exception encore dans le cas du poème en prose : s’il ne comporte aucune ponctuation, le point final tombe évidemment après la fermeture des guillemets. Pour citer des extraits d’un poème, il est important de faire respirer la citation et l’on utilisera pour ce faire la barre oblique précédée et suivie d’un blanc. Une double barre pour marquer le début d’une nouvelle strophe. Quand il s’agit d’une citation plus longue, le poème peut se mettre en exergue – sans guillemets cette fois, mais toujours en italique. Un conseil : ne citer que des extraits, reproduire un poème entier peut, même si vous dites du bien de son auteur, entraîner des réactions d’un mauvais coucheur qui viendrait vous réclamer des droits. Évidemment, s’il s’agit de quatrains, on ne peut faire autrement que de citer tout le poème. A fortiori pour des aphorismes.

Notes et notices

Dans un souci d’harmonisation ou, tout simplement, d’harmonie, ce qui précède vaut également pour les notes de lecture, indispensables dans une revue de poésie. Ici, se pose le problème du titre. Pour nous, il doit contenir trois éléments qui permettent d’identifier clairement de quoi il est question : prénom et nom de l’auteur, titre de l’ouvrage et maison d’édition. Certains y ajoutent le lieu d’édition, le préfacier, l’illustrateur et, même, le prix. Un prix qui n’est fixe que dans l’Hexagone. C’est pourquoi nous l’omettons. Comme le lieu d’édition (et pourquoi pas le lieu d’impression ?) dont tout acheteur éventuel n’a nul besoin : le libraire spécialisé auquel il s’adresse, est censé être au courant. Quant aux références de préfacier (ou postfacier) et d’illustrateur, elles ont à trouver place dans le corps de la chronique, pour autant qu’elles apportent un plus au propos.

Autres notes, celles de bas de page. Si le texte est en corps 12, ces notes seront en 10 ; textes en 11, notes en 9 ; textes en 10, notes en 8. Bref, un décalage de deux points est conseillé. Pour le renvoi en bas de page, on utilise habituellement des chiffres. Toutefois, s’il n’y a qu’une seule note de bas de page, puisque le 1 appelle un 2, on aura recours à l’astérisque. Deux astérisques sont parfaitement acceptables. Trois constituent une limite à ne pas franchir. Dès lors, place aux chiffres. Soit entre parenthèses, soit en exposant sans parenthèses mais avec un blanc séparant le chiffre du mot ou de la phrase auxquels il se rapporte. Dans ces notes de bas de page, éviter les noms en capitale (qui, de toute manière et partout, alourdit l’ensemble). Pour les références à un livre : auteur, titre de l’ouvrage en italique, maison d’édition, lieu et date. On peut regrouper ces notes après la signature ou, si l’article est long, les faire figurer en bas de la page.

Les notices aussi sont utiles. On peut les ramener à l’essentiel : date et lieu de naissance, activité professionnelle (on sait que la poésie, sauf très rares exceptions, n’a jamais nourri son homme), titres importants ou recueils récents. On y ajoutera éventuellement les prix, encore que ceux-ci ne signifient pas grand-chose et que les poètes québécois, pour ne citer qu’eux, ont à peu près tous au moins un prix à leur actif. Ces notices peuvent être regroupées en fin de dossier ou figurer directement sous le nom du poète ou sous sa signature.

Ours et suivi

Dans toute revue, doivent figurer, en début de numéro, un sommaire qui reprend la liste des auteurs et sujets abordés, et ce qu’en termes de métier l’on nomme un ours (sans doute que le fait qu’il soit souvent présenté de manière centrée lui donne une allure d’ursidé ?). On y trouve le nom du responsable, ceux du comité de rédaction, les collaborateurs habituels, ceux qui fabriquent la revue… On n’oubliera pas non plus de mentionner aides et subventionnements publics. Pour le service de presse, on n’oubliera pas ces donateurs publics, puis il y a les «obligés», officiels en tous genres, qui ne liront sans doute pas la revue, les collaborateurs habituels et les auteurs retenus dans le numéro. Avec les autres revues, c’est en somme un échange de bons procédés.

Par ailleurs, la vie d’une revue demande suivi et disponibilité. Il y du courrier à faire, répondre à des envois dignes d’intérêt (c’est fou ce que l’on peut recevoir de poèmes, généralement inintéressants, mais quelquefois bouleversants de beauté ou de nouveauté), demander à l’un ou à l’autre des contributions sous formes de poèmes ou d’articles, songer à des thèmes, être à l’écoute des propositions des collaborateurs… Ce serait, dans l’idéal, le rôle d’un vrai secrétaire de rédaction comme on en trouve dans les journaux et périodiques. Dans la pratique, une seule personne assume l’ensemble des fonctions. Et, en outre, dans la fabrication d’un numéro, il faut veiller à faire tenir la matière dans un nombre de pages déterminé, à harmoniser les différentes contributions reçues (titres, intertitres, notes, références, signatures…). Enfin, avant le bon à tirer, il y a une dernière et attentive relecture.  À plusieurs regards, si possible…

Voilà, il nous semble avoir fait un tour d’horizon assez complet, mais on aura forcément oublié quelque chose. À vous de résoudre le problème sur le tas  (le tas de papier, cela va de soi).

Francis Chenot

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